Aventure Souletine

Les péripéties d'un jeune souletin épris d'aventures et de voyages...

jeudi 13 août 2015

Etape du 12/08/15 Beslé sur Vilaine / Vezin le coquet

Et on continue sur la Vilaine
 En me réveillant, j'ai l'impression que le genou va mieux. On va tenter de faire quelques km aujourd'hui tout doucement en tournant les jambes. Les 20 premiers km se passent sans douleur et je me dis que ça va peut être le faire au final. Mais la douleur me rattrape vers midi. Je décide de prendre une vraie pause en mettant le hamac et en m'accordant une heure et demie de sieste. 

En repartant, la douleur a un peu disparu mais c'est pas ça... Je décide de m'arrêter à Bourg-Des-Comptes et d'aller au camping... 45km, c'est suffisant aujourd'hui. Mais le camping ne m'inspire pas. Encore un trou perdu où il n'y a rien... Je suis désespéré et j'ai vraiment le moral dans les chaussettes... Je suis prêt à abandonner mais ça me crève le cœur. 

Quelques écluses...
En larmes, je rejoins la gare... Ras-le-bol que toutes mes tentatives à vélo finissent comme ça... Le prochain train est dans 2 heures, ça me laisse le temps de cogiter. Je vais prendre le train jusqu'à Rennes, aller au camping, manger des galettes et on verra demain.

Dans le train, je rencontre un jeune en vélo avec sa remorque. En fait, il est paysan et fait des remplacements dans la France entière. Il n'a pas le permis et il part en train, mais surtout en vélo. Parfois une semaine de trajet, pour 15 jours de travail et une semaine de retour. Je n'y aurais jamais cru... 
Il me propose rapidement l'hospitalité. Je crois qu'à ce moment là, rien n'aurait pu me faire plus plaisir. Comme quoi, faut toujours se laisser porter par son instinct et par la vie. Souvent les bonnes choses arrivent lorsqu'on s'y attend le moins. 

Rennes
A Rennes, on s’arrête au marché et j'en profite pour acheter du fromage pour ne pas arriver les mains vides. On croise pas hasard son frère David, qui rentre d'Ariège à vélo avec pour seuls bagages un panier et un sac de couchage. Son frère Simon me conduit jusqu'à chez eux à vite allure (à vélo bien sûr) et bizarrement... en Bretagne...

Le genou ne me fait plus souffrir. En arrivant, ce que je soupçonnais me saute aux yeux. Ils sont à fond pour tout ce qui est paysannerie, bio, alter mondialisme... Ils ont entièrement rénové leur maison, à l'aide de plein de bénévoles et dans le même esprit. 
Ils vivent les 2 frères avec leur mère, avec quelques poules, une brebis, un lapin et un petit potager. Le frère aîné David vit sans voiture et sans téléphone, faisant tout en train et en vélo, dormant à l'arrache sur les gros trajets. 

Dur de partir...
On parle bien sûr de Notre Dame des Landes, LGV, EHLG, ils connaissent Alternatiba... Un vrai plaisir que de voir qu'il y a des gens avec cette philosophie ici aussi. Le repas à base de produits frais, de légumes, bios et locaux me fait un bien fou. Et que dire d'une bonne douche et D'UN VRAI LIT ! La chambre mansardée me fait marrer. Le plafond et les murs sont truffés de prises d'escalade... Moi qui quelques heures avant voulait abandonner, me voilà regonflé à bloc. 

Dans la nuit, quand j'entends la pluie, je me dis que j'ai vraiment eu un bol énorme! 
En tout cas, le voyage continue avec son lot de belles rencontres!




Je ne suis plus très loin!



mercredi 12 août 2015

Etape du 11/08/15 Missilac / Beslé 55km

Enfin la Bretagne!
Ce matin, je me réveille ultra motivé. Je vais enfin entrer en Bretagne. 

Le trajet jusqu'à Redon par les départementales se passe sans trop de problèmes, sans se paumer mais je sens qu'un truc ne va pas aller... 

Une douleur au genou commence à m'inquiéter un peu... A Redon, je vais enfin manger des galettes bretonnes en Bretagne ! Déjà un objectif atteint ! 

Enfin la Bretagne (bis)
A l'office de tourisme, on me confirme qu'il y a bien une piste cyclable le long de la Vilaine jusqu'à Saint Malo et qu'il me reste environ 230 km. Je n'aurais pas eu mal au genou, toutes ces bonnes nouvelles m'auraient réjouit...

Je file quand même en me disant que je ne vais pas forcer et faire de petites étapes. Et bien sûr, gros clicher, il se met à pleuvoir un petit crachin dès que j'ai passé le panneau Bretagne...

si tout se passe bien, la Vilaine jusqu'à la Manche
Le genou ne va pas mieux et je préfère arrêter les frais pour la journée. Arrêt au prochain camping, pause, pharmacie et on verra demain. Le sort a décidé que ce serait Beslé, où les trains passent mais ne s'arrêtent quasiment plus et où la gare est devenue un bâtiment désaffecté, où le prix du camping est inversement proportionnel aux prix des denrées à la superette... 

En gros, rien à faire... Elle va être longue la journée de repos...

Etape du 10/08/15. Bourgneuf en Retz / Missillac 95 km

Petit pique-nique avec vue sur l'océan
Ce matin je me réveille moyennement en forme. Il a fait froid (mon sac de soie a servi du coup), et y'avait beaucoup de circulation. Beaucoup de camping-cars ont tourné sur l'aire, ils déversent leurs merdes et ils repartent... Mentalité un peu spéciale... Je comprends qu'on les refuse où qu'on les fassent payer cher... 

Je trace ma route jusqu'à Pornic sans trop de problème. Je trouve que ça sonne déjà breton comme nom, à moins que j'aie lu ce nom dans les BDs "les passagers du vent" ? Par contre, comme d'habitude, arrivé dans une ville, je me perds. 
Pas grave, je vais en profiter pour faire les courses, vu qu'il doit me rester 2 tomates cerises, une soupe et un sachet de riz... C'est jour de fête aujourd'hui ! Melon, fromage, yaourt... Le tout à manger rapidement dans la journée.


On m'a dit que pour le Mont Saint Michel,
fallait suivre Saint-Malo...
Comme je suis perdu, direction l'océan... Va falloir trouver une autre combine pour les autres jours vu que je m'éloigne des cotes dès ce soir... Etant un peu hésitant, je demande à une famille à vélo qui m'invite à les suivre. Ils sont du coin et ils me guident dans un dédale de petits chemins jusqu'à l'océan, avec une vue magique... la baie, les cabanes de pécheurs, le pont de Saint Nazaire en fond. 

km 800 château de Bretesche
Ils m'invitent à boire une bière dans leur petit terrain privé : un terrain à l'abri des regards, avec une tente, un abri en dur, une caravane... Les 2 enfants veulent essayer leur nouveau jouet, une maquette de bateau à vapeur qui marche à la vapeur... joli jouet ! Il parait que ça date du XIXième siècle. Bizarrement, je me sens comme dans "j'irai dormir chez vous". Je n'ai pas trop le temps alors je les laisse, même si le moment était plaisant et que je l'aurais bien prolongé.




Saint Nazaire
Pique-nique avec vue royale et c'est reparti. Le trajet se passe bien jusqu'au pont. Mes derniers instants avec vue sur l'océan. Il va me manquer pendant quelques jours... J'avais peur de la traversée du pont de Saint Nazaire, mais en fait ça se fait facilement, même si ça monte sec. Par contre, de l'autre côté, c'est impro totale. Plus de vélodyssée et de fléchage, juste mon sens de l'orientation et une carte merdique... ça promet. Au final, je me sors pas trop mal de la zone urbaine et je suis dans la bonne direction. 

Je trouve des fléchages de routes pour vélo... Cool tout ça. Mais je déchante vite arrivé à un carrefour qui m'indique à droite et à gauche que des aires de pique-nique... C'est pas avec ça que je vais m'en tirer... Un petit coup de GPS et retour sur les départementales. De toute façon, vu comme c'est fréquenté, ça change pas grand chose. 

Pour mes vieux jours ^^
L'heure tourne et les km aussi... Ça serait bien de trouver un camping... Dans un village, je tombe sur un foodtruck de crêpes et galettes bretonnes. Ils me renseignent sur le prochain camping. Même si je ne suis pas encore en Bretagne (à quelques km près), je ne résiste pas à la tentation de leur prendre une crêpe pour finir les _ kms restants... Angélique, le défi de  "je prends mon vélo pour aller manger une crêpe en Bretagne" n'est pas encore validé je sais... Alors que tout le monde m'a conseillé d'aller manger l'omelette de la mère poularde au Mont Saint Michel, eux me le déconseillent... un amuse touriste. L'arrivée au camping me fait du bien et la douche encore plus... Demain, ça va être GPS à gogo

traversée du pont St Nazaire
Juste parce que ça m'a fait marré
et que j'ai d'abord cru à un bug de la carte





lundi 10 août 2015

Etape du 9/8/15 : Le passage de Gois.

Pont de Noirmoutier
Ce matin, réveil difficile... Pas parce que j'ai mal dormi ou que j'ai mal partout, mais surtout parce que je ne sais pas trop quoi faire... Va falloir que je prenne une décision, soit passer le pont de Saint Nazaire et rejoindre Redon en mode à l'arrache par les petites routes, soit faire le tour par Nantes... Et surtout, après, voir comment rejoindre le Mt St Michel... Par Rennes ? 
A l'office de tourisme, impossible de me dire. On est encore trop loin de la Bretagne... Cap sur Saint Nazaire et on verra...


Un petit plouf avant le passage de Gois
Une fois à l'embranchement fatidique entre Noirmoutier et direction St Nazaire, j'hésite. Soit je file et je fais des bornes, soit je vais au passage de Gois. Au final, mon frère et ma belle soeur par téléphone me convainquent pour Gois. Allez, c'est dimanche, petite journée tranquille. Il me faut donc attendre 17h30 et la marée basse pour que la route apparaisse de sous les flots. 


En mangeant devant le passage à marée haute, une famille est curieuse de mon périple. Ils m'offriront meme gentiment du pain, une bière, des chips et des gâteaux maison... Faudrait que je compte tout ce qu'on m'a offert sur la route. Les gens sont globalement très sympathiques quand on est avec nos vélos chargés. Une petite baignade sur la plage en attendant 17h30. Décidément, ce n'est le même océan que chez nous... Pas de vagues...

Passage de Gois à marée haute
Après un petit bain qui fait du bien, je retourne vers 17h au passage du Gois. Je ne suis pas le seul à avoir eu l'idée, vu le monde. Le passage n'est pas encore ouvert même si le niveau d'eau à bien baissé. Tout le monde trépigne d'impatience car tout le monde veut passer au moment où il y a encore légèrement de l'eau sur le bitume.

La route se découvre peu à peu.
Il faudra bien attendre 18h15 (comme quoi les 1h30 avant le pic de marée basse, ça correspond). Je m'y engage dans les premiers en poussant le vélo, ne voulant pas asperger la chaîne avec de l'eau de mer. C'était sans compter sur les voitures qui nous envoient des grosses gerbes... Pauvre vélo, je lui en fais voir... Ce soir, il aura droit à la douche, dégraissage, chiffon et huilage... Un meilleur traitement que pour moi. 

Sur le passage, sensation étrange. On a l'impression de rouler sur l'océan, d’être perdu (si on oublie les centaines de touristes et les voitures) au milieu de l'eau, tel Moise au milieu des flots. Une fois de l'autre coté, faut que je m'active... Il est tard et je dois trouver où dormir... 

Pas de campings dans les petits bleds, et pas grand chose pour trouver de l'eau... Je sens que ça va être compliqué... En plus le vent s'y met... C' est pas la Vendée, mais la Ventée! Je comprends mieux ce champs d'éolienne que je traverse... 


j'ai oublié de photographier le km 700.
C'est donc le km 705 et le bivouac de ce soir.
J'ai plus beaucoup d'eau alors je coupe par les départementales. A Bourgneuf en Retz, toujours pas de camping mais une superbe aire pour camping-car. Au fond, moi aussi je suis un camping-car, j'ai mon logement sur mon moyen de transport... 

Je comptais faire une petite étape... Quand même 72 km...







dimanche 9 août 2015

Etape du 08/08/15 Champagné-Les-Marais / Les Salines : 135 km.

Photo envoyée par Fred,
un autre cyclo croisé sur la route
Ce matin, réveil à 8h en pleine forme. J'ai la patate aujourd'hui. Et une grosse envie de rouler ! Le vent est dans le dos et ça roule bien. Ils annoncent les Sables d'Olone à 80km... Allez, je me lance le défi de manger là bas. 


J'avale les bornes sans problèmes, même si le sol est moyen (y'a une espèce de couche de sable et de poussière sur le sol... j'ai pitié pour mon vélo...). On est souvent loin de l'océan donc la tentation de s'arrêter est faible. Je vais vraiment rouler fort aujourd'hui... 



Km 500.
J'étais à 9 km des Sables d'Olone, défi quasiment relevé, quand j'ai retrouvé l'océan... Et là, la vue m'a coupé les jambes. Faut que je mange là. Je tombe en plus sur un couple du Doubs avec leurs enfants, qui font beaucoup d'escalade, et un peu de canyon et de spéléo. Du coup on sympathise vite, on fait du troc de pique nique, "une tomate contre des chips, un morceau de saucisson contre un autre morceau de charcuterie". Je rigole en voyant une partie de leur équipement. Comme moi, les housses de kit de via ferrata servent de trousse de toilette. A leur tour ils rigolent quand je leur dis que j'ai pris la slack. Dommage, y'a pas d'arbres à côté... 

Echanges de bons plans sur la suite du parcours et c'est reparti. 


la gadoue, la gadoue, la gadoue...
Du coup je vise un camping à soit-disant 60 km de là. Arrivé aux Sables, j'ai la chanson de Brassens dans la tête "les Sables d'Olone était tous crottés, les 3 capitaines l'auraient appelé vilaine..." Bizarrement je ne me perds pas (enfin pas trop). Mais un panneau me fait l'effet d'une douche froide... Le camping n'était pas à 60 km mais à 80...
J'ai déjà mes 100 km et je sens que 30 de plus ok, mais 50, j'ai pas le moral... 

Oups... me suis perdu, je crois!
A 135 km, je trouve un petit camping, pas cher et bien sympa. Ça fera l'affaire. Là commence le travail du combattant... Dans cet ordre : monter la tente, nettoyer le vélo (jamais vu aussi crade), aller saluer la voyageuse à vélo à coté, faire la lessive, se doucher, faire la vaisselle du matin, puis commencer à préparer la bouffe. 

Ma voisine va commander des pizzas et du coup je me laisse tenter... Elle vient de Bretagne et elle me casse tous mes plans foireux... Carnac, Brest et pointe du raz, et Mont Saint Michel en moins d'une semaine, c'est pas possible... 

Ouf, non! revoilà l'océan!
Elle me brise un autre rêve : Le passage du Glois demain, ça va etre compliqué. Pour les ignorants, c'est un passage à gué entre Noirmoutier et le continent qui ne se passe qu'à marée basse. Demain, pas de bol, c'est 7h ou 19h. Soit je me lève à 5h, soit je perds la journée... Soit j'oublie... 

Petite pensée pour Angélique,
Willam, Loris, Marlène et Lou.
J'hésite encore car c'est un passage mythique du tour de France 97 (je crois) où Zulle avait perdu le tour (ok vous vous en foutez). C'était pourtant l'époque où ils ne faisaient pas froom froom sur leurs mobylettes et où ils tournaient à l'eau claire, l'Eau des PO. 
D'ailleurs, je me pose des questions... Vu comme je suis chargé et que j'avance pas, j'ai du mal à imaginer la charges qu'ils doivent avoir sur le tour ! 

Km 600
Bon, il se fait tard et la pluie oblige chacun à rentrer chez soi... Me reste plus qu'à décider pour demain...  



Petites réponses en vrac : Paskaline : aujourd'hui, ce sont les lapins et les poules d'eau que j'ai faillit écraser raser. Tu crois que j'étais un renard dans un autre karma ?  
Vavane : ça m'a déchiré le coeur de casser mes tongs. 10 ans de service... C'est une page qui se tourne avec les nouvelles... Et pour ton fantasme en borat, désolé, c'est non :-P

vers l'océan...

vers les terres...




samedi 8 août 2015

Etape du 07/08/15. Etape de merde...

km 400
Rochefort-Champagné les Marais. Ce matin, mes voisins basques décollent tôt. Au moment où moi je me lève vers 8h, eux partent du camping. 
Je préfère ne pas mettre de réveil le matin. Après tout, ce sont les vacances même si la suite de la journée me fait me poser des questions... 

Regardez bien les lions, au fond...
Y'a un "Décat" à côté du camping, j'en profite pour faire rehuiler ma chaîne et faire trois achats primordiaux : une paire de tongs, un autre bidon (j'en ai perdu un en route) et un sac de soie, pour pas me cailler dans les lointaines contrées du nord... Décathlon, le sponsor officiel de tous les vélodysséistes... Vu que je dois aussi faire les courses aujourd'hui, je pense que je vais pas faire beaucoup de km. Et c'est parti direction la Rochelle. 

Et revoilà l'océan.
Il m'a manqué depuis hier midi
La piste est moyenne, peu roulante et il fait froid... Ça aide pas... Il ne se passe pas grand chose jusqu'à La Rochelle et rien pour faire les courses. Vers 13h, j'ai vraiment faim et je sens que le pâté de secours d'Orocbat (principe de spéléo, toujours un Orocbat de secours) ne va pas suffire... Je tombe alors sur un petit resto, "la table basque". Un signe du destin... Le lomo passe super bien. Me voilà fin prêt à repartir ! 

A La Rochelle, une soudaine envie de
repas chaud, et du lomo passera
que super bien !
Le centre ville de la Rochelle est très sympa, et le vieux port très joli. Tellement beau que je l'ai vu 2 fois... La première fois, dès que les photos sont prises, je perds (une habitude) les panneaux et je fais donc comme d'habitude, cap sur l'océan et on finit par retomber sur la vélodyssée... ça marche quasi tout le temps... oui quasi...

Au bout d'un moment, à force d'aller de piste cyclable en piste cyclable (au moins une ville qui pense aux vélos !), je commence à m’inquiéter. A juste titre. Ma piste cyclable va vers les terres pour une fois... Tant pis, GPS et je coupe par les départementales... Enfin j'essaye... Ça sent le plan foireux... trop de routes et le GPS pas assez précis. J'en profite pour quand même faire les courses. 

La Rochelle
Quitte à être en galère, autant avoir des vivres. Quel dur moment que celui des courses. Y'a ce qu'on aimerait manger, ce qu'il faut manger, ce qui doit rentrer dans le vélo et ce qu'on peut arriver à cuisiner... "Ah non, la sauce là, elle est vendue pas 4... trop lourd". 
Les promos "le 3ième offert", on oublie à vélo!

Bon, maintenant que j'ai de la bouffe, faut se sortir de ce piège de la Rochelle. Au bout d'un moment à tourner en rond, je reprends les panneaux "vieux port". Tant pis pour le principe "ne jamais faire marche arrière, toujours droit devant". 

Faut pas me demander ce que je fais
au pont de l'île de Ré... Aucune idée!
Au vieux port, tout content de retrouver des panneaux vélodyssée, je ne fais pas gaffe au sens... Au bout de 100m, je me dis que ça ne va pas : l'océan est à droite... Des cyclistes m'indiquent une variante par la côte, plus courte, plus facile à trouver et plus sympa et à quelques km de là où j'étais... Suffisait de suivre "île de Ré". 

Allez, on reprend la même route pour la 2ème fois, en ayant perdu 1h30... c'est vrai qu'un topo guide n'aurait pas été du luxe. Sur la côte, c'est vrai que c'est magnifique. Peut-être de quoi sauver la journée. Au bord de l'océan, juste en haut des falaises, avec les cabanes de pêcheurs (on appelle ça des "carrelés" - NDEHB). Un régal malgré le vent qui vient dans tout les sens... Je le soupçonne même d'être venu du dessous, vu comme je volais à certains endroits, mais aussi du dessus, vu comme j'en chiais à d'autres... 

Carrelés
A Esnandes, plus de piste. Il faut improviser avec les départementales. Mais ça se passe plutôt bien, avec le vent dans le dos, à 30 de moyenne. Par contre, à partir du moment où je retrouve la vélodyssée, ça devient une horreur... Vent de face, tout droit, rien à l'horizon, l'eau qui commence à s'épuiser, bloqué à 12 km/h par le vent. Il est 18h passé et le GPS qui trouve rien à proximité... ça sent le plan foireux tout ça... J'ai beau boire, manger, sortir les pâtes de fruits magiques, ça n'avance pas. 

Une surprise au détour du chemin
Au bout d'un moment, un panneau d'un village à 4km, pas dans ma direction, mais vent dans le dos. Tant pis, on tente. Là, d'un coup la vitesse remonte à pas loin de 30... Dans le village, pas de bol : pas de camping. J'ai trouvé de l'eau. Tant pis, ça sera bivouac à l'arrache dans un parc à la tombée de la nuit... Au final, j'ai quand fait mes 100km aujourd'hui... comme quoi on s'y habitue...

Juste une pensée pour mon père :
"Cha pond pas"!
Note de dernière minute : Comme quoi un petit rien suffit à transformer la journée et la soirée. J'avais peur de me faire virer de mon parc. Ça a été l'inverse. Un "voisin" m'a invité gentiment à prendre une bière et m'a même proposé d'aller prendre une douche. Je peux planter la tente sans problème. Comme quoi, y'a encore des gens bien et qui ont le coeur sur la main. Les belles rencontres ne sont pas toujours où l'on croit, moi qui pensait ne voir personne ce soir...

Parfois, ça passe on ne sait où...



La Rochelle

A se demander parfois où on va...