Aventure Souletine

Les péripéties d'un jeune souletin épris d'aventures et de voyages...
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samedi 5 décembre 2015

De la première au Behia : La galerie des éclopés week-end du 28/11/2015

Entre les blessés, les sans dents, ceux qui font nounous, ceux qui n’ont pas eu le mail, ceux qui ne viendront que le jour où on trouvera une deuxième entrée, nous ne sommes pas nombreux à vouloir retourner au fond du Behia continuer des explos… Ou bien certains commencent à me connaître et savent que ça finira inévitablement soit mouillé, soit boueux, soit étroit, soit les 3 à la fois ?


Seuls Théo et Alex acceptent de m’accompagner dans mes délires « de première à la salle des Pas Perdus ».
Nous nous retrouvons donc à 9h au club, pour espérer rentrer tôt dans le trou… C’est sans compter sur les retards, sur le temps de tout préparer… On optimise pour n’avoir qu’un kit chacun, mais qu’est ce qu’il est lourd… On sait déjà qu’on va en chier… Entre le perfo, les cordes statiques et  la dynamique, les étriers, toute la quincaille d’escalade, le marteau et burin et le matos pour le bivouac, ça fait son poids…

En montant au Behia, un gros doute m’assaille… La Nive est vraiment très grosse. On commence à se demander si on pourra remonter le petit actif qu’on avait repéré… Un actif, avec des étroitures sévères et beaucoup d’eau… Il faudra peut être trouver un autre objectif.


J’équipe les puits d’entrée et c’est parti. Comme d’habitude, il faut jouer les économes, vu qu’on n’a qu’une corde de 48m là où il faudrait une 50 m…

On ne s’était pas trompé, ça mouille un peu dans le P25, les puits sont tous humides et les kits sont vraiment lourds… En spéléo, le poids du kit est proportionnel aux nombres d’insultes qu’il reçoit…

On mange un petit bout à la chattière à la base des puits et on continue vers les Pas Perdus. Vu les passages chiants qu’il y a entre ces deux passages, on se rend bien compte que le shunt par le réseau du Leize Mendi est un vrai plaisir… On abandonne le matos de bivouac aux Pas Perdus et c’est parti pour l’explo.

Vu le bruit de flotte qu’on entend, j’ai un sérieux doute sur la faisabilité de la chose… Du coup, le petit pas un peu craignos pour atteindre l’actif, on le passe sans corde, se disant qu’on va juste voir et qu’il y a de fortes chances qu’on aille ailleurs.


Au pied de la première petite escalade, la cascade coule vraiment à gros débit… Théo et moi, on aurait plutôt envie de renoncer mais Alex part en libre, avec parade, juste pour voir au dessus… Derrière, il y avait une étroiture vraiment coriace que nous avions élargi avec les moyens du bord, à coup de caillou… Ce coup ci, à coup de marteau et bourrin, Alex nous fait un boulevard… enfin, disons qu’on n’a plus à se dessaper... 

Une corde (sur monopoint… pas génial tout ça) et on le rejoint… Au final, on va bien y aller se tremper…
Le marteau, c’est bien, mais à quelques mètres au dessus, sur l’étroiture suivante, il nous faudrait vraiment la très grosse artillerie… Je compte sur Philippe si ça devient prometteur… Sur cette étroiture, malgré tous nos efforts, il faut quand même enlever un peu de matos pour passer…


Nous arrivons enfin à l’escalade sur laquelle nous avions buté la dernière fois… Là, c’est bien pire que la dernière fois… Nous n’avions qu’un petit filet d’eau arrivant de la galerie principale là où maintenant, nous avons deux cascades qui arrivent et se croisent pile à l’emplacement de celui qui devrait assurer le grimpeur…

Théo se colle à l’escalade (car au moins, il est au sec) pendant que moi, je me colle à l’assurage, trempé à frigorifié… Aux bouts de deux ou trois points, Théo arrive enfin à prendre pied en haut de l’escalade. Et ça à l’air de continuer, mais ça à l’air étroit… On envoie donc Passe Partout Alex pour nous ouvrir le passage… On le voit disparaître un petit moment et revenir avec une phrase magique : « ça passe et ça continue sur une escalade ».


Vu que la galerie continue, on va lui donner un nom… En ce moment, Olivier, mon mentor en spéléo, celui qui m’a tout appris, formé, informé et déformé sur les techniques spéléos, est en convalescence, la cheville pété avec des plaques et des vis à la cyborg… Demandez-lui, l’histoire de sa blessure est hallucinante !! Un vrai survivor !! Du coup, j’ai une petite pensée pour lui et nous baptisons donc cette galerie « la galerie des Eclopés ».

Après avoir posé un deuxième point et équipé en fixe, nous rejoignons Alex… Il commence à se faire tard et nous commençons à être un peu crevé… On laisse la plus grosse partie des kits en bas de l’escalade… Grosse erreur…

C’est étroit, humide, et un peu chiant mais nous arrivons rapidement à la troisième escalade. Elle semble bien prometteuse, 4 ou 6 m seulement,  et il s’agit en fait d’une double escalade… L’eau arrive par une galerie à droite, et il semble y avoir une galerie sur la gauche… On hésite, on est trempé et frigorifié mais on se dit que c’est bien con d’arrêter là… Je me colle donc à l’escalade.

Dans l’actif, ça me semble difficile aujourd’hui, ou alors il faudra ramper dans la flotte… Je pars donc sur la galerie de gauche. Avec trois ou quatre points, j’arrive à poser le pied sur le haut de l’escalade. Oh bonheur, ça continue !!! Je retrouve un actif qui file dans une fissure. Je pense que ça rejoins la cascade en plafond de la deuxième escalade… J’élargis à coup de marteaux, des rognons de silex barrant un peu le passage dans tous les sens et je progresse dans une galerie sur une dizaine de mètres.

En haut, une bonne surprise, une petite salle. Je la baptise « la salle du Hamster », petite pensée pour Iban qui n’a pas pu venir, fraîchement opéré, lui qui a maintenant quatre dents de moins contre moi, même si du coup il y a perdu toute sa sagesse.

La salle a une configuration assez spéciale. Elle doit faire dans les 4 mètres de diamètre, et autant de haut.  Elle mouille beaucoup, avec une cascade qui arrive d’une lucarne 4 mètres au dessus. L’eau arrive pile poil sur un ancien plancher stalagmitique et repart quasi à l’horizontale, aspergeant tout ce qui se trouve autour.  En bas, l’eau se sépare en deux, une partie allant dans la galerie par laquelle je suis arrivé, l’autre passant dessous et rejoignant, à mon avis, l’autre galerie active de l’escalade.

Il se fait vraiment tard, pas loin de 22h et je n’ai plus rien comme matos sur moi. Cette escalade attendra donc la prochaine fois. Je fais donc demi-tour et rejoins mes deux compères frigorifiés. Nous n’avons même plus un bout de corde pour équiper en fixe… Tant pis, on laisse les plaquettes en place et il faudra se refaire cette escalade… Elle est simple et pas bien haute, ça sera l’hsitoire de 10 minutes au max.

En descendant, on essaye d’équiper un peu plus proprement la deuxième escalade… Mais il est tard, il fait froid et il ne nous tarde qu’une chose, c’est de se coucher… On verra ça la prochaine fois.

Dans la salle des Pas Perdus, il y a vraiment un pas craignos… Là aussi, ça sera la priorité la prochaine fois.
A la corde du shunt, à l’entrée du réseau du LM, nous abandonnons tout le matos d’escalade pour ne garder que le matos de bivouac et nous arrivons enfin en vue du palace vers minuit…


Alex et Théo essayent désespérément de sécher leurs chaussettes à la bougie. Après avoir mangé des pates à plusieurs sauces diverses et variées, nous partons nous coucher vers 1h30, personne n’ayant vraiment envie de veiller…

Le lendemain matin, soit 20 réveils et 19 micro réveils plus tard, nous commençons à émerger… Personne n’ayant de montre ni de réveil, c’est à l’heure de l’appareil photo que nous nous fions. Le temps de déjeuner, de ranger le bivouac, de remettre les combis sèches, propres et repassées, nous décollons du bivouac vers 11h15. Personne ne semble bien motivé…


Au réseau du Leize Mendi, mauvaise surprise là où on a laissé le matos… Personne ne nous a rien volé… Quel dommage, on va être obligé de tout remonter… Et c’est reparti avec les kits lourds…
La remontée se passe, lente, monotone, en silence, si ce n’est les insultes et ralages de Théo envers son kit…


A 16h30, nous sommes enfin dehors. Pour une fois avec Théo et Alex, nous sortons avant la nuit… Ca change. Deux biches (évitées sur la route … à moins que ce soit la même) plus tard, nous nous retrouvons pour la partie excitante du nettoyage… Au vu de l’état du matos, encore une fois avec mes plans, c’était humide, étroit et boueux… Mais bon, ça en valait la peine… La deuxième entrée n’est plus très loin!! Seulement à 400m au dessus…

samedi 5 avril 2014

Découverte d'un nouveau réseau au Behia : le Réseau Leize Mendi

 Après plusieurs tentatives avortées de descente au Behia pour aller explorer les nouvelles galeries pour cause de météo exécrable,elle décide d'enfin se mettre de notre côté. Nous sommes trois motivés pour aller explorer la galerie découverte par Alexis. Ce coup-ci, pas de neige, pas de crues, pas de tempêtes...

Iban et Alexis veulent remonter tôt le soir (surtout Iban... on se pose pas mal de questions... On apprendra plus tard qu'il s'agit d'un repas aux chandelles...) Le rendez-vous est fixé à 7h au club... Quand le réveil sonne, ça pique. Après les avoir maudits 10 fois, on se retrouve au club pour préparer les kits. On va profiter de la descente pour continuer le rééquipement des puits. 100 m de cordes, un perfo, un paquets de maillons rapides et c'est parti.

A l'entrée du trou, on retrouve Benoît et Pascal qui filent vers le N30 avec des moyens très persuasifs pour enfin trouver la rivière d'Orion, le Graal de tout spéléo sur Urkulu.

La descente se passe sans soucis, même si je suis encore loin d'être réveillé !!! Avant le P72, le petit bout de corde sur un mono split, par manque de matos lors de la dernière séance de rééquipement, a été rééquipé... Serait-ce les pompiers, qui parait-il, sont venu hier ?

Iban a un nouvel éclairage et il redécouvre le Behia !!! "Mais en fait, c'est hyper grand et hyper beau le Behia!!". En chemin, on rééquipe plusieurs bouts de cordes tonchées, ovalisées, abîmées... Alexis en profite pour replanter quelques spits à certains endroits où les AN ne nous inspiraient pas confiances. On rééquipe sur les broches qu'Alexis avait posé la dernière fois. Le P44 fractionné, c'est un régal !!! Je ne dirais pas qu'on va se faire plaisir en le remontant, mais presque!!

Une fois nos 100m de cordes posés, on avance un peu plus rapidement jusqu'à la main courante posée par Alexis. Les points sont quand même pas mal espacés, de l'équipement de première... On se dit qu'en fonction de ce qu'on trouvera derrière, on rééquipera avec un peu plus de points intermédiaires.



On mange un bout à l'entrée de la galerie avant de partir pour une première de folie. Autant le dire, j'étais un peu sceptique quand Alexis avait dit qu'il avait fait une centaine de mètres dans la galerie... Maintenant, je suis sceptique sur le fait qu'il n'ait fait que 100m !!

La galerie est belle, large, grande, concrétionnée et il y a vraiment des départs de tous les cotés !! Ce n'est pas possible, on croit rêver !!! Et à chaque fois qu'on passe un virage, un passage à quatre pattes, derrière, c'est encore plus beau et ça repart encore plus dans tous les sens. Des concrétions, des excentriques, des fistules... Le tout, bien sûr, d'une blancheur non encore souillée par les gros doigts sales des spéléos...



Régulièrement, il nous semble sentir un léger courant d'air... Illusion du spéléo qui y croie à fond ou réalité ?

Alexis fait un croquis d'exploration et nous nous contentons de suivre dans un premier temps la galerie principale. Nous reviendrons lever les points d'interrogations plus tard. Au détour d'un virage, nous nous retrouvons à Betxanka : de superbes concrétions, le temple Chinois du Behia. Et la galerie est coupée par un joli méandre... Va y avoir d'u boulot à tout topographier et tout explorer...

Mais plusieurs détails commencent à nous faire déchanter... beaucoup de galeries en partie basse sont obstruées par des remplissages de boue sèche... C'est obligé, la chance ne peut pas continuer à nous sourire et on va arriver sur un bouchon de glaise... Petit à petit, la galerie se transforme en diaclase. A un moment donné, ça commence à devenir glissant et assez expo... Comme on dit, "il ne faut pas s'la mettre" au risque de finir plusieurs mètres plus bas... La sagesse nous impose de ne pas prendre de risques inutiles et de renoncer à continuer... Pourtant, ça pourrait continuer en haut, tout droit, en bas... Il faudra mettre une corde. Mais là, on a encore tellement à défricher qu'on décide de retourner voir tous les points d'interrogations.



Le premier départ que l'on va voir s'avère prometteur... Ça à l'air de bien descendre... A vue de caillou qui descend, y'a bien un puits d'une vingtaine de mètres !!

Les départs suivants nous déçoivent un peu, notamment le méandre... Beaucoup de galeries sont bouchées par des bouchons de glaises et beaucoup de départs rebouclent sur la galerie principale. Mais c'est à explorer beaucoup plus en détail, on se doute qu'on est passé à côté de certaines choses.



Dans un autre départ, on avait repéré une étroiture à ras du sol et un départ en hauteur. Pendant que j'essaye l'escalade, foireuse, sur rognon de silex pourri, Iban passe l'étroiture. Ça jonctionne et on passe du coup par l'étroiture. Mais derrière, c'est encore la folie. Un départ à gauche, et surtout, une superbe conduite forcée qui remonte.



Au bout d'un moment, ça se rétrécie et je ne passe pas... Pas mal de concrétions bloquent le passage. Mais ça à l'air de continuer derrière. Tant pis, on décide de faire quelque chose de vraiment pas bien... On casse les concrétions pour passer (en même temps, elles étaient moches). Malgré tout, c'est tout de même hyper étroit. On arrivera tous les trois à passer, mais en se dessapant...



Et derrière, on s'aperçoit qu'en fait, nous sommes sur un plancher stalagmitique et qu'un petit actif coule dessous. Et la conduite forcée continue, toujours belle et toujours montante. Et tout d'un coup, l’apothéose. Un magnifique puits remontant, avec un actif. Ça à tout l'air de l'arrivée d'une deuxième entrée !! Et encore une escalade à venir !!!



De retour dans la galerie principale, un dernier départ semble prometteur. Un puits de 5 ou 6 mètres à descendre, avec un bruit d'eau en bas et une galerie qui semble partir dans deux directions...

Au final, nous avons bien tourné et nous avons trouvé 4 suites possibles, plus toutes celles que nous avons loupé (et c'est certain, il y en a, vu le gruyère que c'est !).

De retour à la base des puits, je décide de passer devant pour la remontée. Au moins, j'imposerai mon rythme et je n'aurai pas à me mettre dans le rouge pour suivre les deux formules un. Iban trouvera tout de même le moyen de me dépasser dans le plein pot du P72. En un peu plus de 2 heures, on est dehors avec un super comité d'accueil. Philippe P, Pascal, Benoît et Serge nous attendent à l'entrée.

Serge a amené les bières (merci à lui !!) et on savoure, sous un temps splendide, le sourire encore au lèvres de cette superbe première !!!

lundi 24 février 2014

Retour au Behia : De la première à tous les étages

Ce samedi, nous retournons au Behia, Alexis, Iban et moi, avec une mission principale : aller changer les cordes des puits. La route d'accès est impraticable depuis quelques semaines, à cause d'un gros éboulement. On se donne donc rendez-vous au club à 7h du matin, pour pouvoir avoir le temps de faire une marche d'approche de bien 4 ou 5 km avant d'accéder au Behia

On prend quand même deux perfos et pas mal d'amarrages, on espère bien aller faire un peu de première à la base des puits. Alexis a repéré une galerie qui part, au niveau d'un P3 après l’étroiture du Ziloko et il y a juste une main courante à équiper. De notre coté, avec Iban, nous voulons retourner voir la galerie que j'avais repéré au fond du réseau du Ziloko, et pourquoi pas revoir une galerie en forme de trou de serrure et un puits non descendu.

Même si le réveil avant 6h du mat un samedi pique, on est tous à peu près à l'heure au rendez-vous. Sur la route, alors qu'on cherchait un endroit pour se garer avant d'entamer la marche d'approche, première bonne et grosse surprise !!! La route a été dégagée et on peut monter jusqu'à l'entrée du Behia... On se gagne bien 1h30 aller et 1h retour de marche d'approche !!! On sent que ça va être une grande journée, avec des bonnes nouvelles comme ça !!

Malgré le beau temps, il fait énormément de vent et on ne s'attarde pas trop longtemps à l'entrée du trou. Et c'est parti pour la descente. Rapidement, on se rend compte que les cordes font vraiment la gueule... Sur certaines, plus besoin de frein, le descendeur ne descend plus du tout !!

En haut du P25, on hésite puis on laisse tomber. On remettra une broche plus tard. La corde ne me semble pas trop mal et je descend. Une fois en bas, Alexis me crie qu'elle a une légère petite tonche et ils préfèrent la changer. On coupe la tonche et on embarque la corde pour équiper le Ziloko...

Avant le P72, sur un ressaut, la corde est tonchée jusqu'à l'âme... On est légèrement énervé de voir ça... Vu le passage, il faut vraiment y aller comme un bourrin pour arriver à la toncher... Il faudra la changer mais il ne nous reste que de quoi changer le P44...

En bas du P72, on récupère un morceau de 15m de la plein pot, on sent qu'on risque d'en avoir besoin. Dès qu'on peut, on récupère des morceaux de rab de 10 m de cordes par ci, par là, des morceaux encore en état car n'ayant pas servi, pour changer d'autres tronçons qui tirent la gueule.

Alexis replante aussi à certains endroits des broches pour remplacer des AN qui n'inspirent pas confiance... On arrive enfin au P44. Là, il y a du boulot. On doit changer toute la corde et ajouter un frac de plus sur le premier tronçon interminable. Le temps pour moi de revérifier qu'il y a bien un départ au dessus du P44, et un autre sur la paroi en face, dans le puits... même si je me fais engueuler par Alexis car "ce ne sont pas les OBJECTIFS du jour !!! Finis d'abord ta première au Ziloko, après tu regarderas le reste".

En bas du P44, il me teste pour voir si j'ai bien retenu la leçon... "Et si on allait voir la galerie en bas du puits...". Je me fais presque avoir mais non, ce n'est pas l'objectif du jour.

Derrière l'étroiture du Ziloko, on mange un bout avant de partir chacun sur son objectif. Alexis nous montre sa galerie et arrive presque à tenter Iban. Mais Iban est sympa et accepte quand même de m'accompagner... Pas sûr qu'il ait fait le meilleur choix. On se donne rendez-vous à 16h à l'étroiture, quoi qu'on trouve... soit environ 2h devant nous... Ça fait court.

Au Ziloko, on décide d'abord d'aller voir la galerie en forme de trou de serrure qui est sur le chemin. On arrive rapidement au bout de mes traces mais ça queute 4 mètres plus loin... C'est pas bon signe tout ça, me serais-je encore une fois un peu enflammé la dernière fois ?

Dans le dédale labyrinthique du réseau du Ziloko, j'arrive à me repérer assez facilement et on arrive vite à la galerie à revoir. C'est encore très gras, il faut ramper dans une terre argileuse collante... En 3 mètres, on ressort couvert de boue avec tout le matos, les bloqueurs, le descendeur, le baudar... recouvert d'une couche de 3 cm d'argile collante à souhait... Miam miam... On remonte une pente glaiseuse un peu en colimaçon et là, surprise, on trouve une nouvelle galerie... J'étais passé à côté la dernière fois !!! Là encore, de la boue mais vierge !!! On est les premiers, ça ne fait aucun doute... Et c'est reparti pour du ramping dans la boue. Et là, surprise, on trouve un tapis de cristaux blancs et purs... Ça serait dommage de crader tout ça. On arrive à ramper sur le côté en évitant de casser tout ça.

Ça continue derrière mais il faut se hisser sur un espèce de toboggan de pierre lisse. Heureusement, la boue a disparu. Moi, je glisse et n'arrive pas à passer. Iban essaye à son tour et je lui assure les prises de pied pour qu'il puisse passer. Derrière, on entend un énorme écho... Il doit y avoir du très gros. Iban avance de quelques mètres mais tombe rapidement sur un passage craignos à descendre sans corde. On fait demi tour, on a laissé tout le matos avant le passage des cristaux pour ne pas les abîmer.



On décide d'aller voir l'autre galerie que j'avais vu. A notre gauche, on laisse l'étroiture "sans chemise sans pantalon" et on va dans une galerie à droite. La dernière fois, j'avais commencé à descendre sans corde mais je m'étais rapidement trouvé devant un puits de 3 ou 4 mètres. Ce coup ci, on équipe de plus haut, les prises étant glissantes avec la boue. Je descend le premier et je m'arrête sur le palier où je m'étais arrêté la fois précédente. Il faut replanter des spits, ça frotte méchamment.

Entre deux trous au perfo, on entend clairement un écoulement d'eau... D'un coup, un gros doute nous assaille... Est-ce que par hasard, on ne serait pas en train de revenir sur nos pas et de rejoindre l'écoulement d'eau dans le réseau du Zioloko... Après réflexion, on en est très loin et c'est bien un autre écoulement... L'euphorie commence à nous prendre...



Une fois les deux autres spîts mis en place, Iban descend ce fameux puits. On voit une galerie qui part. Une petite escalade de 2 mètres et on retombe sur un puits... L'eau vient de là, et le rocher redevient propre, sans eau... Ça sent bon ça !!! Malheureusement, c'est l'heure et il faut qu'on ressorte.

On avait juste oublier un détail... La corde est hyper grasse, limite entourée d'une gaine de boue et nos bloqueurs ne sont qu'un amas de glaise... Après l'étroiture "Sans chemise, sans pantalon" , nous voici devant le puits "sans poignée sans croll"... On arrive tant bien que mal à sortir. La descente sur le colimaçon de boue est un régal par contre. Bienvenue à Boue-land !!!


 (oui, il s'agit bien d'une poignée, d'une longe et d'une pédale !!!)

A la première flaque, on fait la vaisselle... C'est toujours mieux que rien... On arrive au rendez-vous avec un gros quart d'heure de retard... Alexis, en voyant nos dégaines pleines de boue, est mort de rire !!! Lui, il a fait de la superbe première, dans une galerie où il suffit juste de courir, avec des départs un peu partout... Et surtout, IL EST TOUT PROPRE !!! Iban ne me dit rien mais je sens une pointe de reproche...

 

Et c'est parti pour 400m de puits... La remontée est affreuse... Poignée magique, croll magique, pantin magique... Les 400m sont une horreur... Iban la machine, lui, ne souffre pas trop mais moi, j'en chie comme rarement... Je me dit que c'est fini, ils ne me reverront pas de si tôt sur une corde... Le Behia, un trou propre ?? Tu parles !!! Je n'y remets plus les pieds... (Bon, ok, ma résolution n'a pas tenu plus de 12h et j'y suis retourné le lendemain...) 2h30 plus tard, on est enfin dehors. Le vent est tombé.

Il n'est pas encore 20h et on a le temps d'aller se boire une petite bière réparatrice au bar... Par contre, le nettoyage du matos, tant pis, il attendra le lendemain...

Au final, une très très bonne journée avec de belles perspectives !!! Pour vous aider à suivre, un croquis d'explo à main levé (peut être un peu optimiste, mais à peine !!!)



mardi 11 février 2014

Nouveau gouffre et jolie première dans Harritxarra

Ce samedi, nous nous retrouvons à 3, Alexis Iban et moi, pour retourner dans le trou visité la veille, "The trou Manchot" et pour visiter un nouveau gouffre qu'ils ont trouvé le jeudi en prospectant sur les hauteur, sur l'autre versant du ruisseau.

Bien sûr, comme on est très bien organisés, on oublie à la fois la pelle pour creuser un peu au fond du trou Manchot, et Alexis oublie tout le matos pour faire la topo. Tant pis, ça sera une visite du trou juste pour avoir un troisième avis.

On a énormément de chance, il fait super beau pour la marche d'approche. Pourvu que ça dure !!

Alexis est surpris par ce nouveau trou et trouve que son nom n'est pas super... Bon, on va devoir le rebaptiser. Comme on est très près de la surface, le trou est bourré d'araignées. Le trou s'appellera donc "Armiarmaren leizia", "le gouffre des araignées". Alexis nous explique la formation de ce trou : "une perte lorsque le ruisseau était 50 m plus haut, perte qui fonctionnait en régime forcé, entièrement inondée..."

Une fois fait le tour, Alexis nous casse notre rêve... On pensait qu'il y avait 3 possibilités de continuités mais il nous ramène vite sur terre... Là où on espérait une suite au fond, là où on voulait désober, Alexis est perplexe et ne sent aucun courant d'air... Comme d'habitude, quand on veut montrer le potentiel d'un trou à quelqu'un, on trouve toujours que le courant d'air est moins fort que la fois précédente !!!

Un autre trou dans la salle du fond l'inspire tout autant. Quand à la petite galerie qu'il fallait dégager vers l'entrée, pour lui, cela n'a aucun intérêt. Et en prime, il nous confirme que les morceaux de roches cassés ne sont pas naturels... Génial, Alexis nous a tout détruit : nous ne sommes pas en première et ça ne continue pas...

Il ne nous reste qu'un espoir, une petite escalade vers l'entrée.Là encore, Alexis nous casse tout "Il doit y avoir une autre entrée, on voit des feuilles..." Il ressort donc chercher cette seconde entrée pendant que j'attends au fond du trou pour voir si ça communique. Quelques mètres au dessus de l'entrée en conduite forcée, il y a bien une deuxième entrée de la taille du poing. Pour Alexis, l'affaire est close même si Iban et moi, on n'a pas encore baissé les bras !!

On part donc sur le deuxième trou. D'après le GPS, il est vraiment très proche... à vol d'oiseau... Il faut en fait partir sur l'autre versant, en attaquant quasi tout droit dans la pente. Ça monte sec et pas de chemins en vue...



A l'entrée du trou, on décide de manger, avec une superbe vue sur la forêt d'Orion. On se rend bien compte que le terrain de jeu est immense !! Y'a encore de quoi prospecter et trouver de nouveaux trous !!!


Le temps commence a se gâter et on se dépêche d'entrer sous terre. L'écart de température est impressionnant !!! C'est vraiment un trou chaud. Et tout de suite, un choix s'impose, à droite ou à gauche. Je décide de partir sur la gauche. Le caillou est péteux, ça n'a pas l'air d'être du calcaire. Il faut faire vraiment gaffe, les prises nous restent dans la main. On suit une diaclase. La suite pourrait être en bas, mais ça semble étroit, même si les cailloux que l'on balance nous montre que ça part loin... Mais bon, encore faut-il arriver à trouver du bon caillou pour planter des spits.


On retourne à l'entrée et on prend la branche de droite, en se disant que ça se rejoindra peut-être. L'entrée est vraiment boueuse et on doit ramper un peu, histoire de se pourrir complètement !! Rapidement, on se retrouve bloqué par un puits... Et quand on balance les cailloux, ça va loin !!! Je dirais dans les 25 à 30m minium.

Par contre, on se rend bien compte qu'on est en première et que le trou est neuf !! Il y a un sacré ménage à faire !!! Avant d'aller plus loin, Iban plante un premier spit. On se moque presque car il galère à trouver du bon rocher et il met du temps à planter son spit. A sa décharge, le rocher est très bizarre, ça sonne creux quand on sonde et le seul coin où cela semble bon, c'est très dur et on a du bourrage de spit...


J'essaye de planter le deuxième... Même galère, impossible de trouver du bon caillou... Du coup, on a trouvé le nom de ce gouffre : "Harri Txarrako Leizea" (le gouffre de la mauvaise pierre). J'en chie pour planter mon spit. A mi trou, je suis obligé de le changer... Mon spit n'a plus de dents, elles sont toutes bouffées par le rocher.

Alexis part ensuite sur la corde, on le laisse aller planter les spits suivants. Il fait un énorme boulot de purge. Il y a énormément de rochers -et de gros rochers- en équilibre partout. Une fois que c'est un peu plus propre, le trou a meilleure gueule. Quelques mètres plus bas, c'est sûr que ça va frotter. Alexis nous fait alors un concert sur caillou, chaque son étant plus bizarre que le précédent. Alexis est convaincu que ce gouffre n'a pas été creusé par l'eau, qu'il s'agit d'un trou tectonique...



Au bout de quelques minutes à galérer sans trouver de quoi planter un spit, on décide de faire autrement, au moins pour aller voir ce qu'il y a en bas. Je descends sur la même corde à la poignée pour aller faire une déviation humaine, et permettre à Alexis de descendre plus bas. Sur un palier, le rocher change un peu. Alexis arrive a planter laborieusement deux spits et il descend enfin. En bas, je ne vois plus sa lampe. Il est dans une salle d'assez grande dimension. Iban en profite pour aller dans l'autre branche jeter des cailloux. On n'entend strictement rien dans la salle, ça ne communique pas.


Malheureusement, dans la salle, Alexis ne trouve aucune suite apparente. Dommage. Il remonte mais nous gardons espoir (enfin, Iban et moi, Alexis nous disant depuis le début que ça n'ira pas loin car ce n'est pas du calcaire et que ce n'est pas un trou creusé par l'eau !!) car il y a encore une galerie à voir et un puits d'une vingtaine de mètre à descendre !!

On gardera ça pour une prochaine fois, il commence à se faire tard et la météo commence à se gâter (il a même grêlé !!!). Et il y a quand même une bonne marche de retour...

Une fois dehors, on se rend compte que le trou est vraiment très gras !!! On sort bien pouilleux !!


 A la voiture, nous ne comprenons pas... Trois cartouches d'encre d'imprimante nous attendent sur la voiture... On aurait préféré des bières, mais Serge qui passait par là n'avait que ça sous la main...














samedi 8 février 2014

The Trou Manchot 07-02-2014

Alexis et Iban sont allés prospecter jeudi du coté du ravin d'Orion (le Chevreuil nous inspire tellement confiance qu'on commence tous à chercher ailleurs !!!). Ils sont revenus avec deux ou trois nouveaux trous sympas à voir, non topographiés, non répertoriés... De la première ???

Ni une,ni deux,on y retourne avec Iban ce vendredi après midi. Direction le trou de la conduite forcée, vu qu'il n'a pas encore de nom. Le temps de manger tranquille chez Virginie et Iban, le temps de batailler avec les GPS de rando (d'après mon GPS, le trou se trouve à 5684 km d'ici, puis alternativement dans le Caucase, en Espagne, en plein milieu de la Méditerranée, pour finir chez Poutine à Sotchi...On va oublier mon GPS aujourd'hui... Faudra vraiment que j'apprenne à m'en servir), on se retrouve au club vers 15h30...

On hésite à prendre le rouleau de 200 m de corde prévu pour le Béhia... On est sûr que ce nouveau trou va donner et qu'il va tomber dans le Behia, autant s'en servir tout de suite. Au final, on restera modestes et on ne prendra qu'une corde de 40 m, une de 19 m, le perfo... (oui, on est quand même hyper optimiste !!).



La marche d'approche est assez courte mais allez suivre un cabri excité à l'idée de faire de la première !!! Heureusement que je ne fume pas, sinon, j'aurais craché mes poumons à suivre la machine Iban... On arrive enfin à l'entrée du trou... Normal, il est 16h... C'est tout à fait normal de commencer une sortie spéléo à cette heure là.

On a beau regarder, pas de marquage ni de spits... Serait-on en première ? Le temps que je plante deux spits, Iban se prépare. Je ne vais quand même pas lui piquer sa première... En plus, c'est étroit et, comme d'habitude, je suis sûr que ça va bloquer au bout de 10 m... Quoiqu'il y a quand même un énorme courant d'air aspirant...



L'entrée est une très jolie conduite forcée. Arrivé en bas, j'attends le verdict toujours connu d'Iban "ça cutte"... Mais non, il me crie qu'il va jeter un coup d’œil... Il revient hyper excité. "Il faut que tu viennes !!!" "Mais ça continue ?" "Viens voir par toi même, il faut que tu vois ça !!!"

Je m'engage à mon tour. C'est quand même assez étroit et, même si elle n'est pas indispensable, je sens que je vais aimer la corde à la remontée !!

Arrivé en bas, j'hallucine à mon tour !! Ça devient large, et surtout, ça part dans tous les sens... y'a une galerie énorme à gauche, une en face, une à droite, il y aurait une petite escalade en haut !!! Et surtout, il n'y a aucune trace !!! OH PUTAIN, on est en première et ça part dans tous les sens !!!



Iban n'a pas voulu trop continuer, il préfère m'attendre pour partager ce plaisir !!! On désescalade 2 mètres, on regrimpe deux ou trois mètres et on repart dans la galerie la plus vaste. Iban est excité comme une puce (Virginie me dicte dans le dos, et vu qu'elle cuisine, j'ai pas trop le choix) !!! (bon, ok, je le suis aussi mais j'essaye de garder la tête froide... je vais me réveiller !!!). Iban m'avait promis de la première et il m'accueille dans toutes les langues "Bienvenue, biendenido, Ongi Etorri, bem-vindo, bamukelekile, добро пожаловать, 歡迎 ..." Je ne lui connaissais pas ce talent !!!



On arrive dans une énorme salle, avec encore 3 ou 4 galeries qui partent dans toutes les directions... Un puits, 2 ou 3 petites escalades... La première escalade ne donne rien. Les autres semblent un peu scabreuses... On va plutôt tenter le puits... Mais bien sûr, on a laissé le perfo et la deuxième corde en bas de la conduite forcée. Dans ce puits, un petit détail me chiffonne... Un amarrage naturel a été cassé pour que l'arête ne soit plus vive... Et un bout de caillou qui aurait pu bloquer a été cassé... C'est louche et on commence à déchanter...

En revenant chercher le matos, on en profite pour voir les autres galeries qui partent dans tous les sens. On repart voir la galerie qui partait en face. On arrive rapidement à une étroiture... bien étroite... Iban se dessape et ça passe... Moi, par contre, j'ai beau forcer, ça ne passe pas... C'est ça d'être baraqué, les épaules ne passent pas... Cette étroiture est tout de même louche, on se demande si ça n'a pas été creusé... Le temps que j'essaye de creuser pour passer mes larges épaules de grimpeur dans le 8b, Iban continue dans la galerie. Je suis sûr que si j'avais été manchot, je serais passé !!! Du coup, on appellera ce trou "The Trou Manchot"... (j'espère que vous aurez vu le jeu de mot !!! Bon, OK, c'est pourrit mais on n'a pas mieux !!)



 Il revient me voir. "en fait, ça rejoint la grande salle où on était". "Je suis en train de creuser pour te rejoindre"... Je trouve bizarre qu'il me parle de si près et que je ne vois toujours pas sa lampe... Ah mais je comprend, il a fait le tour et il est derrière moi !!!

On prend le perfo et la deuxième corde et on repart vers le puits. On en profite quand même pour revoir toutes les galeries... Ça se recoupe dans tous les sens, ça sera un plaisir de faire la topo !!! Au moins, on verra s'ils sont précis, grâce aux bouclages !!

Iban plante un spit pour le dernier puits et je pars le premier à l'aventure, dans ce puits inexploré, aux confins des limites du monde connu, sans savoir ce qui m'attendra en bas, une énorme salle, des peintures rupestres, des monstre aveugles et dépigmentés,  des vestiges de l'Atlantide, Jules Verne en caleçon... ??? En fait non, ça bloque au bas du puits... Un mince filet d'eau continue, avec un gros courant d'air... Iban me rejoint et on convient qu'il serait peut-être utile de faire un peu de désob... C'est même presque plus prometteur que le chevreuil...



L'heure commence à tourner et on pense avoir tout vu... On ressort, non sans se se (me) faire chier dans la conduite forcée de l'entrée... J'en connais certains qui vont vouloir élargir tout ça !!!



Une bien belle petite sortie où on n'aura toujours pas résolu cette énigme ; sommes-nous en première ? Aucune trace, pas même une trace de boue sur les parois de l'entrée... A croire qu'ils passaient sans toucher les murs... A l'époque, ils devaient utiliser des enfants anorexiques pour l'explo, ce n'est pas possible autrement !!!

mardi 14 janvier 2014

ES701... La grosse déception...

Dimanche 12 janvier, nous partons 7 motivés pour aller à l'ES701. C'est vrai qu'au club, la plupart ont entendu parlé de ce trou, sans jamais en avoir vu la couleur.




L'objectif était triple à la base : Iban et moi devions finir l'escalade, une équipe devait faire la topo, et une troisième équipe venait faire du tourisme, et pourquoi pas voir s'il n'y avait pas autre chose à voir dans ce trou.

Rendez-vous est donné au club à 9h. Comme d'habitude, les organisateurs de la sortie sont à la bourre... Iban, Virginie et moi arrivons vers 9h20... Les autres sont déjà en train de préparer le matos. Comme on est pas super bien réveillé, nous leur faisons confiance et nous ne vérifions pas tout le matos (oui, ok, le Larrandaburu ne nous a pas servi de leçon !!). Fred, lui, veut prendre de la sangle à couper mais bon, je suis réticent... Je n'aime plus trop couper les cordes et les sangles... Une mauvaise expérience de coupage de corde à la Bidouze peut être...

Personne n'est vraiment motivé pour la topo, il faudrait d'abord que l'on fasse une première séance pour s'entraîner... Vu que le trou va continuer, on reviendra pour la topo...

Et c'est parti pour l'ES701. Je me colle à l'équipement et on va essayer de s'attendre dans les puits... ça parpine toujours pas mal !!! On va essayer d'équiper un peu plus confort, avec moins de gestions des frottements que les fois précédentes.



Fred nous suit un peu plus loin. Avec Fred, plus besoin de désob !!! Il nous élargit l'entrée juste en passant !!! Maintenant, c'est fini, ça ne frotte plus... Heureusement que les puits sont un peu décalés les uns des autres car beaucoup de blocs et des tas de boue finissent en bas.



C'était un équipement de première, ça frotillait un peu partout et, au bout du troisième puits seulement, il ne me reste plus de sangles... La prochaine fois, on écoutera Fred !!!

On arrive rapidement dans la salle surprise. Avec le nouvel éclairage maison de Fred et les éclairages performants de la plupart, Iban et moi découvrons enfin le plafond et l'extrémité de la salle... Il y aurait une seconde escalade à faire, mais elle semble vraiment bien plus haute... Guère engageante... De toute façon, nous avons notre méandre à visiter !!!



Pendant que les autres vont visiter les puits au bas de la salle, Iban et moi remontons finir notre escalade. Et là, grosse surprise... Pas de mèche de 8... Décidément, ce trou porte bien son surnom de "trou de la mèche de 8"... On va devoir se passer des goujons et grimper avec des spits... D'un coté, je me sens plus en sécurité, mais d'un autre coté, c'est plus long, et je ne peux pas mettre les points à bout de bras... Heureusement qu'il ne nous reste que 4 mètres d'escalade à faire. De toute façon, nous n'avons le matériel pour ne poser que 4 spits, alors que nous avons des goujons par dizaine...





Au troisième spit, c'est la grosse désillusion... Je peux enfin voir ce qu'il y a derrière le méandre... GROSSE DECEPTION !!! Pas de méandre, mais juste une niche... MER.... !!!! Bon, on va quand même poser un dernier spit, histoire de voir un hypothétique autre départ... Ben non, ça coince un mètre plus loin... Explo finie... On peut tout ranger et rentrer à la maison...

On a vraiment les boules... 3 séances, 15 mètres d'escalade pour rien... Les autres se foutent un peu de nous et commencent à remonter pendant qu'Iban et moi finissons d'équiper pour rappeler la corde... Aucun intérêt à la laisser en place... On décide d'appeler cette escalade "L'escalade de la SALE surprise !".



La remontée est assez longue, chacun doit attendre que le précédent soit sorti d'une zone où ça parpine pour continuer. Les cordes sont très grasses et on commence tous à avoir des poignées magiques, qui coulissent dans les deux sens... Philippe P nous expérimente même la poignée ultra magique, qui coulisse toute seule sous le propre poids de la poignée !!! Les dents des bloqueurs n'adhérant plus du tout, Virginie, pour s'en sortir, en viendra même à prendre la corde avec ses dents !!! A la moitié de la remontée, pédale cassée pour moi... Dur dur la remontée avec une mini pédale et un pantin qui ne coulisse que du haut vers le bas...



La dernière longueur, juste avant la sortie est une horreur !!! Il faut systématiquement bloquer et faire coulisser à la main tous les bloqueurs... Heureusement que Fred nous a élargi la sortie !!!

A peine sorti, tous les autres m'abandonnent... Avec des amis comme ça, pas besoin d'avoir d'ennemis !!! Je me retrouve seul à attendre Philippe L et Iban qui déséquipe...



De retour au voiture, tout le monde a une impression bizarre de ce gouffre au final... Il promettait et il se finit en eau de boudin... Je ne pense pas me tromper en disant que plus personne n'y reviendra et que la topo ne sera jamais faîte !!!

De retour au local, il nous reste la grosse phase de nettoyage... Une véritable horreur... Rarement vu les cordes dans cet état... Il parait que le Chevreuil est moins gras et plus joli... De toute façon, je ne peux plus les contredire...

lundi 6 janvier 2014

Trou de la mèche de 8 : escalade, deuxième partie

La sortie de samedi nous ayant bien mis en appétit, et la suite nous paraissant prometteuse, Iban et moi, nous décidons de retourner ce dimanche à ce fameux trou de la mèche de 8.

Malgré nos promesses de premières à porté de main, pas grand monde n'est motivé au club... Il faut dire qu'il a plu toute la nuit, la neige est basse et, vu comme le trou était boueux à la sortie la veille, ça promet d'être bien gras !!! Masque d'argile assuré !!!

Seule Virginie a répondu présente, et encore, c'était limite... Elle est en grève depuis le matin et c'est bien parce que la météo a annoncé un temps pourri qu'elle accepte de laisser tomber sa rando pour notre superbe trou.

Arrivé sur les hauteur d'Irati, nous nous rendons compte que nous ne sommes pas les seuls courageux. Les chasseurs sont là eux aussi... On va éviter de crier "vive le Gypaète" trop fort...

Il fait un vent à décorner un cocu... Et il est même tellement froid qu'on n'ose sortir du camion... On se change donc à l'arrière, au prix de multiples contorsions... Au moins, on est déjà chaud pour passer d'hypothétiques étroitures !!! Le baudar, la combi et les gants sont encore trempés de la veille... Il ne faut vraiment pas s'aimer pour faire de la spéléo !!



On rejoint bien vite l'entrée du trou... ça va, pour l'instant, il ne pleut pas. Dans les puits, on fait hyper gaffe en s'attendant à l'abri à chaque fractio... Le trou est encore très neuf et il parpine encore pas mal. De plus, on se rend compte que les parois, bien qu'on dirait de la bonne roche bien dure, ne sont en fait que de la roche désagrégé qui ne demande qu'à s'éclater en bas...



On laisse passer Virginie devant pour pénétrer dans la salle surprise !!! Qu'elle aussi, elle est sa part de sensation !!! Et, avec sa nouvelle lampe, petit cadeau de Noël, on peut enfin vraiment apprécier les dimensions de la salle !!! Hier, avec Iban, on ne voyait même pas le haut de l'escalade (ce qui procure des sensations bizarres parfois...). Au moins, aujourd'hui, on voit pourquoi on s'obstine !!!

On mange vite fait et Iban se colle à l'escalade. Il remet quelques points intermédiaires, au cas où, et il enchaîne à partir de l'endroit où je m'étais arrêté. Je l'avoue, hier, à cet endroit, j'étais crevé et la roche pourrie m'avait vraiment fait peur...



Iban, sur la pointe des pieds sur l'étrier, du bout des bras, arrive à chopper un morceau de rocher qui sonne bien sous les coups de marteau... Ouf, on va peut être réussir à passer... A bout de bras, il arrive à mettre son goujon, malgré une grosse pétoche... Vite, il s'empresse de remettre un autre goujon, 30 cm plus haut, dans du rocher plus sain, et en position plus confortable. Il est en haut !!!! Enfin, c'est ce qu'on croyait...

Il se retrouve dans une petite niche, bien confortable, mais malheureusement sans départ. De toute façon, le méandre que l'on voyait, il est encore un peu plus haut... Il plante un autre goujon mais bon, rien à faire, ça ne passera pas par le bas... Il faut encore monter de 3 ou 4 mètres. Mais l'escalade est beaucoup plus simple, avec du rocher bien sain.



Malheureusement, avec les points intermédiaires qu'il a remis, il ne lui reste que deux plaquettes et deux goujons. De quoi mettre deux bons points pour laisser une corde statique en place. Il va falloir revenir. Mais le plus dur est fait, la prochaine fois, on s'assurera depuis la niche, en plein confort.

(Bon, la salle, vu comme ça...)

Iban redescend et je vais à mon tour jeter un coup d’œil... La salle, depuis le haut de l'escalade, est magnifique. Là haut, ça parait bien prometteur !!! Sur la droite, assez loin, il y a encore un départ, une galerie qui part mais qui semble compliquée à atteindre... De plus, le rocher à l'air moyen... Mais sur la gauche, il semblerait bien qu'il y ait un départ de méandre !!! Encore 3 ou 4 m d'escalade et on sera fixé.

(Bon, ok, sur la photo, on voit pas grand chose mais on voit quand même un trou sur la gauche...)

Au risque de se faire maudire par les autres membres du club, on décide de laisser en place sur l'escalade une des dernières cordes du club... ça nous obligera à revenir !!! vite !!



En remontant, on déséquipe le trou, pour permettre à la bande de chevreuils de mercredi d'avoir un peu de matos... C'est vrai que le trou est boueux, et on dirait de plus en plus... Il doit encore pleuvoir dehors...

Les cordes sont très grasses et nous avons des poignées, des crolls et des pantins magiques !!! Ça a tendance à ne plus agripper la corde !!! Sensations garanties !!! Un pas en avant, 3 pas en arrière...

La sortie du trou est toujours si ingrate, avec une superbe déviation de fortune bien peu confortable...



Dehors, bien sûr, il pleut, histoire de bien se tremper et d'avoir des combis bien dégoulinantes de boue... Il ne faut vraiment pas s'aimer ni aimer son matos... La phase "se changer sous la pluie" est une horreur, mais on appréhende déjà la phase nettoyage...

Arrivé au club, il faut bien s'y coller... Je crois qu'on a définitivement perdu la couleur sur la corde... Et Virginie qui avait du matos neuf... Voilà, il est baptisé !!! VIVE LE CANYONING !!!

Mais bon, ce trou, il réserve encore de belles surprises, rien que pour ça, ça vaut le coup !!!