Aventure Souletine

Les péripéties d'un jeune souletin épris d'aventures et de voyages...
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samedi 5 décembre 2015

De la première au Behia : La galerie des éclopés week-end du 28/11/2015

Entre les blessés, les sans dents, ceux qui font nounous, ceux qui n’ont pas eu le mail, ceux qui ne viendront que le jour où on trouvera une deuxième entrée, nous ne sommes pas nombreux à vouloir retourner au fond du Behia continuer des explos… Ou bien certains commencent à me connaître et savent que ça finira inévitablement soit mouillé, soit boueux, soit étroit, soit les 3 à la fois ?


Seuls Théo et Alex acceptent de m’accompagner dans mes délires « de première à la salle des Pas Perdus ».
Nous nous retrouvons donc à 9h au club, pour espérer rentrer tôt dans le trou… C’est sans compter sur les retards, sur le temps de tout préparer… On optimise pour n’avoir qu’un kit chacun, mais qu’est ce qu’il est lourd… On sait déjà qu’on va en chier… Entre le perfo, les cordes statiques et  la dynamique, les étriers, toute la quincaille d’escalade, le marteau et burin et le matos pour le bivouac, ça fait son poids…

En montant au Behia, un gros doute m’assaille… La Nive est vraiment très grosse. On commence à se demander si on pourra remonter le petit actif qu’on avait repéré… Un actif, avec des étroitures sévères et beaucoup d’eau… Il faudra peut être trouver un autre objectif.


J’équipe les puits d’entrée et c’est parti. Comme d’habitude, il faut jouer les économes, vu qu’on n’a qu’une corde de 48m là où il faudrait une 50 m…

On ne s’était pas trompé, ça mouille un peu dans le P25, les puits sont tous humides et les kits sont vraiment lourds… En spéléo, le poids du kit est proportionnel aux nombres d’insultes qu’il reçoit…

On mange un petit bout à la chattière à la base des puits et on continue vers les Pas Perdus. Vu les passages chiants qu’il y a entre ces deux passages, on se rend bien compte que le shunt par le réseau du Leize Mendi est un vrai plaisir… On abandonne le matos de bivouac aux Pas Perdus et c’est parti pour l’explo.

Vu le bruit de flotte qu’on entend, j’ai un sérieux doute sur la faisabilité de la chose… Du coup, le petit pas un peu craignos pour atteindre l’actif, on le passe sans corde, se disant qu’on va juste voir et qu’il y a de fortes chances qu’on aille ailleurs.


Au pied de la première petite escalade, la cascade coule vraiment à gros débit… Théo et moi, on aurait plutôt envie de renoncer mais Alex part en libre, avec parade, juste pour voir au dessus… Derrière, il y avait une étroiture vraiment coriace que nous avions élargi avec les moyens du bord, à coup de caillou… Ce coup ci, à coup de marteau et bourrin, Alex nous fait un boulevard… enfin, disons qu’on n’a plus à se dessaper... 

Une corde (sur monopoint… pas génial tout ça) et on le rejoint… Au final, on va bien y aller se tremper…
Le marteau, c’est bien, mais à quelques mètres au dessus, sur l’étroiture suivante, il nous faudrait vraiment la très grosse artillerie… Je compte sur Philippe si ça devient prometteur… Sur cette étroiture, malgré tous nos efforts, il faut quand même enlever un peu de matos pour passer…


Nous arrivons enfin à l’escalade sur laquelle nous avions buté la dernière fois… Là, c’est bien pire que la dernière fois… Nous n’avions qu’un petit filet d’eau arrivant de la galerie principale là où maintenant, nous avons deux cascades qui arrivent et se croisent pile à l’emplacement de celui qui devrait assurer le grimpeur…

Théo se colle à l’escalade (car au moins, il est au sec) pendant que moi, je me colle à l’assurage, trempé à frigorifié… Aux bouts de deux ou trois points, Théo arrive enfin à prendre pied en haut de l’escalade. Et ça à l’air de continuer, mais ça à l’air étroit… On envoie donc Passe Partout Alex pour nous ouvrir le passage… On le voit disparaître un petit moment et revenir avec une phrase magique : « ça passe et ça continue sur une escalade ».


Vu que la galerie continue, on va lui donner un nom… En ce moment, Olivier, mon mentor en spéléo, celui qui m’a tout appris, formé, informé et déformé sur les techniques spéléos, est en convalescence, la cheville pété avec des plaques et des vis à la cyborg… Demandez-lui, l’histoire de sa blessure est hallucinante !! Un vrai survivor !! Du coup, j’ai une petite pensée pour lui et nous baptisons donc cette galerie « la galerie des Eclopés ».

Après avoir posé un deuxième point et équipé en fixe, nous rejoignons Alex… Il commence à se faire tard et nous commençons à être un peu crevé… On laisse la plus grosse partie des kits en bas de l’escalade… Grosse erreur…

C’est étroit, humide, et un peu chiant mais nous arrivons rapidement à la troisième escalade. Elle semble bien prometteuse, 4 ou 6 m seulement,  et il s’agit en fait d’une double escalade… L’eau arrive par une galerie à droite, et il semble y avoir une galerie sur la gauche… On hésite, on est trempé et frigorifié mais on se dit que c’est bien con d’arrêter là… Je me colle donc à l’escalade.

Dans l’actif, ça me semble difficile aujourd’hui, ou alors il faudra ramper dans la flotte… Je pars donc sur la galerie de gauche. Avec trois ou quatre points, j’arrive à poser le pied sur le haut de l’escalade. Oh bonheur, ça continue !!! Je retrouve un actif qui file dans une fissure. Je pense que ça rejoins la cascade en plafond de la deuxième escalade… J’élargis à coup de marteaux, des rognons de silex barrant un peu le passage dans tous les sens et je progresse dans une galerie sur une dizaine de mètres.

En haut, une bonne surprise, une petite salle. Je la baptise « la salle du Hamster », petite pensée pour Iban qui n’a pas pu venir, fraîchement opéré, lui qui a maintenant quatre dents de moins contre moi, même si du coup il y a perdu toute sa sagesse.

La salle a une configuration assez spéciale. Elle doit faire dans les 4 mètres de diamètre, et autant de haut.  Elle mouille beaucoup, avec une cascade qui arrive d’une lucarne 4 mètres au dessus. L’eau arrive pile poil sur un ancien plancher stalagmitique et repart quasi à l’horizontale, aspergeant tout ce qui se trouve autour.  En bas, l’eau se sépare en deux, une partie allant dans la galerie par laquelle je suis arrivé, l’autre passant dessous et rejoignant, à mon avis, l’autre galerie active de l’escalade.

Il se fait vraiment tard, pas loin de 22h et je n’ai plus rien comme matos sur moi. Cette escalade attendra donc la prochaine fois. Je fais donc demi-tour et rejoins mes deux compères frigorifiés. Nous n’avons même plus un bout de corde pour équiper en fixe… Tant pis, on laisse les plaquettes en place et il faudra se refaire cette escalade… Elle est simple et pas bien haute, ça sera l’hsitoire de 10 minutes au max.

En descendant, on essaye d’équiper un peu plus proprement la deuxième escalade… Mais il est tard, il fait froid et il ne nous tarde qu’une chose, c’est de se coucher… On verra ça la prochaine fois.

Dans la salle des Pas Perdus, il y a vraiment un pas craignos… Là aussi, ça sera la priorité la prochaine fois.
A la corde du shunt, à l’entrée du réseau du LM, nous abandonnons tout le matos d’escalade pour ne garder que le matos de bivouac et nous arrivons enfin en vue du palace vers minuit…


Alex et Théo essayent désespérément de sécher leurs chaussettes à la bougie. Après avoir mangé des pates à plusieurs sauces diverses et variées, nous partons nous coucher vers 1h30, personne n’ayant vraiment envie de veiller…

Le lendemain matin, soit 20 réveils et 19 micro réveils plus tard, nous commençons à émerger… Personne n’ayant de montre ni de réveil, c’est à l’heure de l’appareil photo que nous nous fions. Le temps de déjeuner, de ranger le bivouac, de remettre les combis sèches, propres et repassées, nous décollons du bivouac vers 11h15. Personne ne semble bien motivé…


Au réseau du Leize Mendi, mauvaise surprise là où on a laissé le matos… Personne ne nous a rien volé… Quel dommage, on va être obligé de tout remonter… Et c’est reparti avec les kits lourds…
La remontée se passe, lente, monotone, en silence, si ce n’est les insultes et ralages de Théo envers son kit…


A 16h30, nous sommes enfin dehors. Pour une fois avec Théo et Alex, nous sortons avant la nuit… Ca change. Deux biches (évitées sur la route … à moins que ce soit la même) plus tard, nous nous retrouvons pour la partie excitante du nettoyage… Au vu de l’état du matos, encore une fois avec mes plans, c’était humide, étroit et boueux… Mais bon, ça en valait la peine… La deuxième entrée n’est plus très loin!! Seulement à 400m au dessus…

vendredi 13 février 2015

Le Behia en hivernale. Séance photo à la galerie des gours 7 et 8 février 2015

Une séance photo était prévu de longue date le week-end du 7 et 8 février au Behia. Mais il a énormément neigé et à basse altitude les jours précédents... Personne n'était très chaud pour y aller, du coup, préférant profiter du relatif beau temps...





C'était sans compter sur Alexis, qui est rarement disponible les week-ends, et qui veut se faire un truc baston. En gros, on se fera environ 500m de dénivelé en ski de rando ou en raquette avant d'accéder au trou.

Du coup, peu de motivés. Seuls Eric, David et moi répondons à l'appel d'Alexis... Par chance, la neige a un peu fondu et on gagne 50m de dénivelé.



Au local, on se réparti le matos photo. Il y a pas mal de trucs à prendre, entre l'appareil photo, les flashs, le trépied, les batteries et piles... Pour David, c'est la première fois qu'il fait des raquettes, première fois qu'il descend à -500, premier bivouac. Autant dire qu'il est pas mal chargé, comme toute nouvelle personne qui descend bivouaquer au Behia la première fois. On ne le surchargera pas trop, juste les batteries et piles et 1 litre de vin.

De mon côté, j'arrive vraiment à optimiser et du coup, je suis le seul à avoir suffisamment de place pour prendre le trépied. Alexis râlera d'ailleurs pendant 2 jours sur mon kit trop léger à son goût, "qui doit peser 500 grammes alors que le sien fait 10 kg". En même temps, Alexis optimise tellement peu son kit qu'il a un kit énorme, mais pas assez de place pour le trépied... Il se retrouvera avec la mallette de flashs. Autant dire un poids léger, tout le monde sait bien que les photons, ça pèse rien !!



Et ils ont beau me dire que, vu que je suis le plus jeune, que je n'ai pas d'enfants (il parait que pour chaque enfant, on prend 10 ans d'âge selon eux...), je dois prendre les kits les plus lourds, je résiste... Je vais pas me faire avoir !!

Et c'est parti pour 2 heures de montée (oui, je sais, 500 m de dénivelé en 2 heures, on n'est guère performant... En même temps, vu le poids de nos kits !!). Je suis le seul à ski alors que les autres sont en raquette. Comme à chaque sortie ces derniers temps, les seuls qu'on croise sont les chasseurs, tout en orange fluo, avec leurs gros 4x4... Ils viennent d'abattre un cerf sur la route enneigée... ça fait mal au cœur... Vu qu'à chaque fois qu'on sort, on croise des chasseurs, on commence à se dire que pour notre sécurité, on devrait avoir des combis de spéléos et de canyons fluos...

David en chie un peu... Il faut dire qu'au moment de partir, on s'est rendu compte que personne n'avait pris le kit d'équipement et, on lui a refilé bien gentiment.

Après avoir enlevé les 4 épaisseurs de fringues, on décide de le délester un peu. Le bizutage a ces limites... Mais personne n'a la place de prendre le kit d'équipement. Du coup, je me fais avoir... On l'attèlera derrière moi (vu que soit disant je suis le plus jeune, le plus en canne, qu'en ski c'est plus simple... Ils en auront trouvé des arguments pour bien m'avoir) et je le traînerai comme un traîneau... Saut que ça fait plus chasse neige que traîneau...



A vol d'oiseau, on n'est plus très loin de l'entrée. On voit au loin le virage avec la barrière de sécurité, juste avant le Behia... Mais au vue de la pente, on va bien en chier... Eric m'aide un peu, en guidant et débloquant par l'arrière le kit/traîneau... Mais malgré ça, mes peaux de phoques glissent vers l'arrière sous le poids...

Enfin, c'est la libération et la barrière. En haut, ça redevient assez plat. Tout est d'un blanc immaculé, pas une trace à l'horizon. Le paysage est vraiment différent et on en vient même à se demander si on est réellement sur la route.



L'entrée du Behia est méconnaissable. Ce n'est même pas la peine de chercher les premières broches, sous 80 cm de neige. L'accès jusqu'au bord du gouffre est même difficile, les branches des arbres touchant le sol sous le poids de la neige.

Alexis part trafoler la neige (non non, promis, ce n'est pas une insulte...). En gros, il part nous tasser tout ça en brassant avec ses raquettes pour nous faire une aire de pique nique...



Alors qu'on déballe tout pour manger au soleil avant de descendre, David se rend compte qu'il a grandement faillit à sa mission... Son sac à dos s'est ouvert et il a perdu les piles, batteries et, bien plus grave, le litre de vin !!! La situation est critique... Les piles, on fait le point sur ce qu'on a. Vu que j'ai des piles de rechange pour passer la semaine sous terre, ça devrait le faire... Par contre, le vin... On hésite grandement à laisser tomber et avorter l'expédition... Rien à boire au bivouac, on se demande comment on va faire.



Après mûre réflexion, le conseil des sages décide qu'on continue notre mission, malgré le manque de cet élément primordial... Par contre, David sera condamné à subir nos railleries tout le week-end.



Au final, il s'est quand même bien débrouillé, n'ayant que ses affaires à trimballer...

Une fois changé et le matos de ski/raquette planqué, on entame la descente... Dans les trois premiers puits, il faut faire gaffe... Il y a de grosses plaques de verglas et ça glisse pas mal. Les concrétions de glaces côtoient les concrétions de calcite.



La descente se fait à un bon rythme. On communique quelques trucs et astuces à David, pour zapper certaines manips chiantes, pour gagner du temps où s'économiser... A force, on connait les trucs et astuces de tous les puits,



On laisse une partie du matos à la rivière suspendue et direction la galerie des gours pour les photos. Repérage de plusieurs endroits sympa et on file directement aux gours. On a de la chance, les gours sont pleins, ça sera plus sympa sur les photos.

Eric fait ça comme un quasi professionnel. Il place les flashs, les personnages, avec une facilité déconcertante. Les premières photos sont faîtes du premier coup... Comme mon éclairage est très nul, difficile de lui montrer ce que j'éclairerais avec un flash, et difficile d'éclairer le personnage pour la mise au point. En gros, je sers à rien alors, autant que je fasse le figurant...



Après les premiers gours, il faut traverser le lac pour aller vers une autre zone bien jolie. Bon, y'a quand même pas mal d'eau au final... On se mouille jusqu'au haut des cuisses... Mais ça passe sans encombre.

Encore pas mal de photos de gours, de fistuleuses. Et il est temps d'aller au bivouac, vu l'heure qui avance. Il faut à nouveau passer le lac...



Là, on se plante tous un peu de chemin et on ne prend pas forcément le passage où il y a le moins d'eau... Alexis se plaint qu'il se mouille un peu trop haut avant que je trébuche sur une pierre et que je m'affale à plat ventre dans la flotte... Au moins, ça c'est fait...

On retourne rapidement au bivouac. Là, je crois que c'est la première fois qu'on se couche aussi tôt... En même temps, vu qu'on a pas de vin, les cacahuètes sont bien fades et on n'a aucun motif pour s'éterniser. Comme le lendemain, il faudra compter une heure de plus de marche de retour, on décide de se lever très tôt : 6 heures du mat...



David et Eric partent devant. Alexis et moi, à notre habitude, on traîne... Dur dur de se lever si tôt, surtout dans la perspective de remonter 400 mètres de puits... Vivement qu'on la retrouve cette deuxième entrée, pour pas à avoir à remonter les puits...



Dès la grande trouée, je sens que ça va être compliqué... Mon croll, fatigué, ne bloque qu'une fois sur deux... En une cinquantaine de minutes, on est à la base des puits... Sacré raccourci que le shunt du Leize Mendi.

Avec Alexis, on remonte tranquillement à notre rythme, même si Alexis n'arrête pas de se plaindre que son kit est trop lourd... Bon, ok, je me plains plus encore de mon croll... En bas du P44, on rejoint les deux autres. David commence à accuser le coup. En même temps, il a pris tellement de bouffe que son kit est encore bien lourd. On dispatche une partie de son kit entre nous et ça repart.



On remonte tranquillement, sans se mettre dans le rouge. En bas du P72, on mange un bout... On sait qu'on est bientôt dehors, enfin, normalement...

Je décide de prendre la corde plein pot et je remonte... et je redescends aussi sec... Mon croll vient définitivement de rendre l'âme en tant que croll... Bizarrement, il bloque bien en mode normal, mais pas du tout dès qu'il y a un bloqueur de pied...



A mis chemin, je n'en peux plus, à force de monter quasi autant que ce que je descends. Eric m'attend à un fractio et on commence à bricoler avec ce qu'on a... Une mini trac en tant que poignée, et la poignée en tnt que croll... Autant dire que je n'ai plus aucune amplitude... Et la poignée comme croll, c'est moyen... En arrivant sur un frac, sur corde tendue, la poignée à tendance à se mettre de travers et ne plus accrocher non plus... Et en arrivant au frac, bonjour les manips... Enlever la mini trac, sans la perdre, défaire tous les mousquetons qui rapproche de la poignée/croll, batailler pour l'ouvrir... On est pas sorti !!



Au dessus du P72, dans la partie étroite, la poignée ne bloque pas et je me retrouve le pantin bloqué au dessus de moi... Heureusement qu'il n'y a personne, vu comme la position doit être ridicule...

En bas du P25, on teste divers systèmes. Le nœud de cœur, c'est à oublier après 350 m de puits, sur P25 plein pot... Au final, je finirais avec deux poignées et Eric avec mon croll en poignée et son croll...



Une fois dehors, on remballe tout et c'est parti pour la descente... Philippe P est monté en raquette nous voir à l'entrée du trou, mais il est vite reparti, la température étant assez fraîche.

J'en ai tellement chié sur les derniers 150 mètres de remontée que je n'ai plus de bras et plus de cuisses... Je laisse les autres redescendre par le raccourci, un peu raide et trace directement par la route... Au moins, pas besoin de faire de virage...

En descendant, une bonne surprise : une biche part sous mon nez. Manque de bol, à ce moment là, je ne filmais pas là où il faut... C'est quand même bien plus jolie une biche vivante que le pauvre cerf mort croisé la veille...

En un quart d'heure, je suis à la voiture. Les autres arriveront 45 minutes plus tard. Ils ont retrouvé les piles et les batteries, mais pas la bouteille de vin... On soupçonne des chasseurs de l'avoir trouvée... Une fois arrivé au club, (après quelques dérapages un peu incontrôlés en voiture), on apprendra que c'est Philippe qui a ramassé la bouteille... On voit ce qui l'intéresse !!!

Une fois le matos rangé, chacun rentre chez soit se mettre au chaud... Pas sûr que l'idée revienne vite de se faire le Behia en hivernale, avec la marche d'approche en raquette ou ski... Même Alexis semble ne plus avoir d'idées débiles... Même si on sera les premiers à le suivre quand une autre idée saugrenue reviendra...

vendredi 30 janvier 2015

Initiation spéléo à Betxanka 24-01-2015

Ça fait longtemps que j'avais promis à certains que je les amènerai faire de la spéléo et à d'autres que je les amènerai au fond de Betxanka, pour aller voir le fameux temple chinois.



La date a été dure à choisir et certains n'ont pas pu être de la partie... Il va falloir faire une troisième cession !

On se retrouve 6 à dormir chez moi, autant dire que c'est serré et que ça laisse peu de place à l'intimité... Alex nous a fait partagé sa maladie pendant tout le week-end !! Très glamour tout ça...



J'avais anticipé et préparé tous les kits d'équipement avec Iban, histoire de gagner du temps le samedi matin... Je commence à les connaître les autres... Je sais que ça va être dur de sortir tout le monde du lit...

Mention spéciale à Théo, qui, il faut le dire, ne sert strictement à rien le matin !! Ah si, il râle !! D'ailleurs, est-ce qu'il sert à quelque chose tout court, le reste de la journée ?? Faudra se pencher sur cette question épineuse !!



On avait rendez-vous à Camou avec Iban à 10h... Bien sûr, fallait pas rêver, le temps d'équiper tout le monde, de régler les baudars, de trouver ce qu'il manque à chacun, on sera à la bourre comme d'habitude.

A Camou, en allant se déclarer au bar, bonne surprise. Il ne semble y avoir personne à Betxanka. On sera tranquille. En arrivant au trou, c'est une autre histoire... Une quinzaine de spéléo de Gironde sont là... Ils ne se sont pas marqués... Et bien sûr, il y a des cordes partout...




Ils nous autorisent à utiliser leurs cordes, mais on préfère quand même tout équiper en double, histoire d'être tranquille sur l'horaire de sortie. Du coup, la descente du puits d'entrée se fait vite, vu le nombre de corde... Par contre, l'équipement de notre corde par dessus est déjà plus chiant... ça s'emmêle dans tous les sens, une bien belle merde...

Les tenues de chacun sont à mourir de rire, entre look des années 90 avec le Kway de Lou, et la tenue de peintre camionneuse 3 fois trop grande d'Angélique, on a de quoi révolutionner le monde de la mode souterraine... Qui a dit que les filles n'étaient pas sexy sous terre !!



Théo râle comme d'habitude, toujours à cause du baudar... D'ailleurs, une petite pensée pour Loris qui, dans ce trou, y'a plus d'un an, avait découvert de nouvelles sensations, sensations que seuls les gars peuvent comprendre...



Les puits étant équipés, et personne n'étant manchot sur corde, la descente se passe relativement vite. Au puits de Joly, on regrette toujours qu'il n'y ait pas de tyrolienne, ou mieux encore, une petite highline... Descendre 40 m pour les remonter en face... On rattrape l'autre équipe à ce moment là et c'est plutôt sympa d'avoir un aperçu de la muraille à remonter en face...

La remontée sur pente glaiseuse est toujours aussi chiante... Les ancrages toujours aussi rassurants... jolis pieux plantés directement dans la glaise...



On s'arrête pour manger en haut de l'escalade du puits de Joly. Comme d'habitude, Théo râle sur le menu...

Alex repère des escalades dans tous les sens, toutes plus inaccessibles les unes que les autres... On verra quand on aura épuisé tous les 537 chantiers que l'on a déjà en cours au club...



On entame la partie la plus belle de Betxanka. Comme d'habitude, malgré certains qui ont de super éclairages, on n'arrive pas à rendre en photo la beauté et les volumes de la cavité. Je rassure certains, les autres, on a des éclairages de merde et on voit juste nos pieds !! On est en spéléo, ne l'oublions pas !!!



Au temple Chinois, on retombe sur le groupe de Bordeaux. On discute un peu et certains sont assez délirants...
"- Tu connais Jean Denis ? (NDLR Le nom et prénom correspondent pas, je ne l'ai pas retenu). C'est un topographe reconnu.
- Ah non, c'est qui ?
- Ben c'est moi !"

Le gars, il a un peu le melon je pense, et il veut carrément s'incruster sur notre photo de groupe. On se demande presque s'il ne voudrait pas nous signer des autographes !

 

Là aussi, malheureusement, les photos ne rendent pas aussi bien que la réalité... Pas le choix, faut venir pour admirer le paysage. Petit détour par les salles des excentriques...



Pendant que certains s'attardent à faire des photos, Iban essaye d'accélérer un peu le rythme... Faut dire que les 15 Bordelais font demi tour et vont commencer à remonter... Mais bon, Iban ne connait pas encore l'inertie de cette bande... Pour les faire se bouger, il faut vraiment en vouloir.



On arrive quand même à griller la priorité aux Bordelais et on entame la remontée. Là encore, aucun manche sur corde et ça se passe rapidement. Le manche sur corde, c'est bien moi, en essayant de déséquiper nos cordes à la remontée... Quel bordel dans le puits de Joly... Entre les cordes des Bordelais, notre corde et les échelles, bonjour le bordel...

Je ne sais pas comment ça se fait, mais il y a toujours un sac de nœud entre tout... La corde trouve toujours moyen de se caler entre les échelles et la parois, faire 4 tours autour de l'autre corde et se bloquer dans l'hypothétique graton qui dépasse...



Dans le puits d'entrée, on voit que la météo n'est plus aussi belle que le matin... Ca remonte dans tous les sens, sur 3 cordes différentes... A voir comment ils se dépêchent, je crois que Théo et Alex essayent de se tirer la bourre à la remontée, chacun sur leur corde, en jouant des coudes... Tous les coups sont permis...



Laetitia en chie un peu... Croll ou poignée ou les deux bloqués... Décidément, elle n'aime vraiment pas ce puits... Et moi, bien sûr, fidèle à moi même, je fais des nœuds dans tous les sens en déséquipant notre corde...



A la descente, ça fait les cons dans tous les sens... Je sens qu'il y en a un qui va finir par terre... Ah oui, moi... Pas de chevilles à déplorer, malgré la connerie ambiante, on a quand même du bol...



Comme la nuit va tomber et que personne ne semble motivé pour aller patauger dans l'eau froide, on oublie le nettoyage du matos... (vive le canyon...) On verra ça demain, une raclette nous attend !!

Et miracle à noter, ON A TROUVE L'UTILITE DE THEO !!! Il sait peler des patates !!!

On se couche relativement tôt, car demain, c'est pendulaire !!!


mardi 20 janvier 2015

Behia : Escalade au Réseau du Leize Mendi 20-12-2014

Pour la troisième fois en un mois, nous retournons au Behia. Nous descendons à 3 avec Alex et Théo, avec divers objectifs selon le temps, l’envie et la motivation. Cet après midi, une autre équipe, Eric, Luc et Philippe L, descendra pour faire des photos et du tourisme.


Pour une fois, nous arrivons à partir assez tôt. Au club, nous préparons les kits, avec perfo, cordes dynamiques, étriers, cordes statiques etc. On va aller se faire plusieurs petites escalades…
Nous entrons avant 11h dans le trou. C’est à noter car il s’agit vraiment d’un exploit ! Avec Théo et Alex, je suis plus habitué à entrer vers midi !


La descente se passe pas trop mal (même si on galère toujours sur ce fameux passage avant le P72). Les deux autres font des progrès dans les manips de cordes et on avance bien plus vite que les fois précédentes. Au passage, je repère encore des escalades à faire à droite à gauche dans les puits… Je suis sûr qu’il y a encore des choses à voir sans aller au fond !


On part sur un premier objectif, toujours le même, celui qu’on avait repéré avec Alexis il y a 2 ans au moins, la première fois qu’on était descendus au Behia. Au fond de la salle des Pas Perdus, nous avions repéré une galerie qui continuait, assez grande, mais avec une pente qui semblait craignos sans équipement…

Alors, je ne sais pas si c’était la fatigue, ou ce que nous avions bu, mangé, fumé, sniffé… ou si entre temps on a changé d’éclairage ou si une faille spatio temporelle s’est ouverte… mais arrivé sur place, il y a bien une galerie qui monte et qui donne envie… Mais y’a des traces partout et surtout, ça se monte sans corde, et ce n’est pas craignos… Du coup, on arrive rapidement en haut pour voir que ça cutte dans tous les sens…
On décide donc de retourner au réseau du Leize Mendi (pas du tout sur notre route du bivouac) pour attaquer l’escalade. Mais, quelques mètres plus loin, on trouve rapidement un actif qui se jette dans un puits… Je me souviens que certains avaient descendu ce puits. Alex commence à aller voir d’où vient cet actif. A priori, c’est pénétrable.

On vient le parer pour une petite escalade sur rognons de silex merdiques et il continue… On l’entend forcer et se contorsionner dans tous les sens pour passer… ça a l’air étroit et peu appétissant tout ça. Mais d’après lui, ça s’élargit et ça continue… On décide donc de le rejoindre. On laisse les kits en bas, jugeant que si ça continue, on reviendra les chercher.


On avait donné le surnom de Passe Partout à Alex… Il ne l’a pas volé !! Rien à faire, moi, je ne passe pas !! J’ai beau enlever tout ce que j’ai sur moi, mon gros cul bloque dans tous les sens. Bien sûr, le marteau est resté en bas !! Du coup, c’est à coup de silex qu’on élargit l’ensemble… Pour arranger les choses, tout ça se fait dans un petit actif, le filet d’eau ayant toujours tendance à couler là où il ne faut pas… Après plusieurs tentatives, plusieurs élargissements, Théo et moi passons enfin.

Derrière, une autre petite escalade sur silex foireux. A se demander si quelqu’un est vraiment passé par là, vu la quantité de rognons de silex que nous faisons tomber !! Et même quelques blocs en équilibres précaires…
Une fois cette deuxième escalade passée, à nouveau un passage étroit… Même Passe Partout en chie  pour passer. Derrière, ça continue d’après ce qu’il dit… On a beau essayer d’élargir, ici, ce n’est pas si simple. En se contorsionnant, en forçant dans tous les sens, en passant quelques centimètres avant, Théo et moi arrivons enfin à rejoindre Passe Partout, rebaptisé pour l’occasion Passe Muraille !!


Et derrière, ça continue. Une escalade un peu plus haute ce coup-ci… Mais là, aucune prise, aucun rognon de silex… Pas le choix, il faut grimper en artif… Ici, soit les gars ont fait tomber tous les rognons de silex, soit personne n’est jamais venu… Bien sûr, tout le matos est resté derrière deux passages étroits et ingrats, et deux escalades foireuses…

On fait donc demi-tour, avec l’idée d’aller chercher tout ce qu’il faut pour revenir faire cette escalade… Les contorsions dans les passages étroits auront raison de notre motivation… Une fois en bas, on se dit qu’on reviendra une autre fois… Direction le réseau du Leize Mendi pour l’escalade du puits remontant.

Théo commence à nous montrer son excellent caractère !! Il râlerait presque plus que moi, c’est pour dire… Une histoire de croll tout pourri mal conçu et qui bloque la corde au lieu de l’avaler… Superbe idée de tester du matos sur une sortie à -500… On n’aura pas l’air con le dimanche à la remontée !! On bricole un truc avec un mousqueton et c’est reparti.


Dans la conduite forcée, on apprécie le passage qu’on s’était élargi la fois précédente. Au moins, plus de galère à ramper avec un angle à 90° au milieu… juste avant le puits remontant, nous faisons un peu de ménage vu qu’il faut marcher à 4 pattes sur un plancher stalacmitique à moitié cassé et fissuré, avec des morceaux qui ne demandent qu’à partir… Comme nous allons revenir souvent ici (et que ça deviendra la nouvelle entrée et sortie), il vaut mieux sécuriser un peu tout ça.

Dans le puits, c’est toujours un peu arrosé. Les autres ne sont pas hyper motivés alors je me colle à l’escalade, assuré par Théo (qui prendra l’eau pendant de longues minutes) pendant qu’Alex part à droite à gauche explorer un peu. Il y a notamment une conduite forcée qui part, à environ 2 mètres de haut. Ca passe par-dessous, puis par-dessus, à tel point qu’Alex se paume un peu, tourne en rond et croit avoir trouvé une nouvelle galerie alors qu'il est revenu à son point de départ.

De mon côté, je ne fais pas trop le fier sur l’escalade. Les premiers points ont été durs à poser, avec notamment quelques goujons qui ne serrent pas et tournent en même temps que la clé… De quoi donner confiance. Le rocher n’est pas trop pourri, il est juste recouvert d’une couche de plusieurs centimètres de boue, génial pour les appuis… Et c'est génial pour bien se pourrir en tapant à coup de marteau...

Après quelques points, je progresse un peu plus vite et arrive vite à cours de dégaines, et surtout de plaquettes équipées de goujons. Sur une légère margelle d’une vingtaine de centimètres, je prends plus ou moins pieds (la margelle ayant la fâcheuse tendance de se réduire au fur et à mesure), le temps pour Alex de me préparer de nouvelles plaquettes… Malheureusement, je n’ai pas vu qu’il n’avait que des goujons plus longs… Le trou suivant est donc trop court et impossible de mettre le point correctement… Ah tiens, c’est nouveau, impossible même de sortir la plaquette…


Je commence à fatiguer, n’arrivant plus à tenir le perfo à bout de bras. Je décide donc de faire un joli frac (qui frotille, faudra faire gaffe en remontant) sur deux bons spits, avant de redescendre. Il est déjà pas loin de 20h et on se dit qu’il est peut être temps de rejoindre les autres au bivouac. Tant pis, on n’aura pas fini cette escalade mais on a bien fait les deux tiers.

En allant au bivouac, on se rend compte qu’il y aurait des escalades à faire dans tous les sens… Je me rends compte que je dois faire de plus en plus de spéléo le nez en l’air !!!


On arrive au bivouac vers 9h. Luc est déjà allongé, prêt à dormir… La descente a été un peu rude parait-il. La soupe et l’eau chaude sont déjà prêtes. De quoi rapidement se réchauffer. Luc et Philippe partent rapidement se coucher pendant que nous autres continuons la discussion autour d’une petite fiole de Patxaran amenée par Eric. On parle mines, archéologie, et photos… On se programme une sortie photos à la galerie des gours… Petit à petit, les yeux se font lourds et on part tous se coucher…


L’avantage de dormir au Behia, c’est qu’avec le bruit de la cascade, je n’entends pas Théo ronfler et Alex parler en dormant !!!


Le lendemain, Eric, Philippe et Luc remontent plus tôt. J’indique à Eric où se trouve le shunt du réseau du LM, histoire de gagner une bonne quarantaine de minutes et plusieurs passages chiants.


On part une bonne heure après. On avance assez vite jusqu’au réseau du LM, ayant des kits peu chargés… A partir du réseau du LM, les choses changent… On récupère tout le matos que nous avions abandonné… On va moins vite du coup…


Et c’est parti pour les 400 m de puits… On remonte tranquille, Théo rallant toujours autant. A force, je me rends compte que je commence à connaître ces puits par cœur, à les faire plusieurs fois par mois…
On rattrape les autres dans les puits. Eric qui avait laissé son matos photos à -300, en profite du coup pour faire pas mal de photos dans les puits… Pour une fois, on aura de vraies belles photos qui ont de la gueule, pas de vieux trucs tout flou ou tout noir…


A la sortie, un comité d’accueil nous attend avec les bières : l’autre équipe qui était parti se balader à l’US101 et Alexis venu prendre l’air avec Mathilde.

Retour au local pour nettoyer tout ça… Je sais, on se répète, mais vive le canyon…  

La prochaine fois, on la terminera cette escalade et on la trouvera cette nouvelle entrée !!